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10 ans après, que reste-t-il des accords de la COP21? Cet expert décortique la situation

par RTLinfo avec Benoit Duthoo et Juliette Davletmirzaeva
Dix ans après l’accord de Paris sur le climat, un constat mitigé s’impose. Entre progrès et insuffisances, quels résultats retenir ?

Adopté le 12 décembre 2015, l’accord de Paris représentait un tournant décisif dans la lutte contre le changement climatique. Ce texte, signé par 195 pays, visait à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C, idéalement à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. Dix ans plus tard, les résultats demeurent mitigés, malgré des avancées notables et des défis immenses à relever.

Au niveau mondial, les émissions de CO2 continuent d’augmenter, bien que le rythme de cette hausse soit plus modéré. Selon le climatologue Xavier Fettweys, « avec les engagements actuels, on va vers une trajectoire + 3 degrés, et sans les accords de Paris, on serait vers une trajectoire + 4 ou + 5 degrés à l’échelle globale. » Malgré cet impact modérateur, les concentrations de gaz à effet de serre continuent de croître, amplifiées par la diminution de la capacité des océans et des forêts à absorber le CO2.

Parmi les grandes économies émettrices, des évolutions contrastées ont été observées. La Chine, de loin le premier pollueur mondial, montre des signes de ralentissement, tandis que les États-Unis, malgré une période de recul sous l’administration Trump, ont globalement stabilisé leurs émissions. En revanche, l’Union européenne et le Japon se distinguent par des réductions significatives, tandis que l’Inde est devenue le troisième émetteur mondial, devant l’Europe.

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Du côté des énergies renouvelables, des progrès significatifs ont été réalisés cette dernière décennie. Pour la première fois, les investissements dans les énergies renouvelables ont surpassé ceux alloués aux énergies fossiles. Cela reflète une transition évidente, mais encore insuffisante selon Xavier Fettways. « Ce qu’il faudrait faire, c’est non seulement diminuer nos émissions d’énergie fossile, mais aussi diminuer notre consommation énergétique », rappellent-ils, soulignant l’importance d’une gestion efficace de la demande mondiale en énergie.

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Malgré ces avancées, l’objectif central de l’accord de Paris n’a pas été atteint. En 2024, la température moyenne mondiale a déjà franchi la barre critique de 1,6°C, constat bien au-delà des prévisions optimistes de 2015. Les scientifiques estiment que cette tendance à la hausse va se poursuivre encore plusieurs décennies en l’absence de mesures plus drastiques pour inverser la courbe. La sécrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, a rappelé que chaque dépassement des seuils fixés doit être réduit au minimum pour limiter les impacts irréversibles.

10 ans plus tard, l’accord de Paris demeure un cadre fondamental et symbolique des efforts internationaux pour freiner le réchauffement climatique, mais il révèle également ses limites face à l’urgence et à l’ampleur de la crise actuelle. La prochaine COP30 représente une occasion cruciale pour rehausser les ambitions globales et garantir l’élaboration de nouveaux objectifs chiffrés sur les émissions de CO2.

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