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La ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny, défend la réforme controversée visant à remplacer la nomination à vie par des contrats à durée indéterminée (CDIE) pour stabiliser les jeunes enseignants, tout en promettant une transition pour protéger les droits des actuels enseignants.
"Je pense que les enseignants avaient besoin d'exprimer un mal-être qui n'est pas neuf", réagit ce lundi soir la ministre de l'Éducation, Valérie Glatigny, dans le RTL info 19h. Aujourd'hui, quelque 30.000 enseignants selon la police - 35.000 selon les syndicats - ont défilé dans le centre de Bruxelles au premier jour des 48 heures de grève dans les écoles. "Je rappelle qu'il n'y a rien d'écrit sur la table, donc je suis quand même peinée pour nos deux jours d'apprentissage que nos élèves n'ont pas eus", ajoute-t-elle encore.
La ministre estime que certaines mesures n'ont pas été bien comprises, notamment celle qui concerne l'enseignement qualifiant. "Cela concerne 1200 élèves adultes qu'on va simplement orienter vers l'enseignement pour adultes. Ce sont les ex-établissements de promotion sociale qui s'appellent maintenant enseignement pour adultes. Ce sont les hautes écoles, ce sont les universités, c'est l'IFAPME, etc. Effectivement, on a raconté que toutes les septièmes allaient être fermées. Ce n'est évidemment pas le cas. Vous pouvez toujours faire une septième préparatoire maths-sciences ou une septième professionnelle", assure Valérie Glatigny.
La ministre illustre son propos : "Quand vous êtes un jeune adulte, vous avez déjà un CESS, l'enseignement obligatoire a déjà, quelque part, fait le job pour vous. Vous êtes diplômé. Vous avez, par exemple, fait esthétique. Vous voulez ensuite faire un complément de formation en gestion pour ouvrir un institut de beauté. Vous pouvez faire ce complément de gestion dans l'enseignement pour adultes. Il y a 152 établissements sur tout le territoire".
Pour l'instant, un jeune enseignant n'a aucune sécurité
Une autre réforme est très contestée par les manifestants : la fin des nominations. Valérie Glatigny rappelle que l'objectif est "d'augmenter l'attractivité du métier", qui fait face à une pénurie. "Moi, ce qui m'inquiète, c'est l'hémorragie de jeunes enseignants", s'explique-t-elle. "Pour l'instant, un jeune enseignant n'a aucune sécurité. Il passe d'intérim en intérim sans aucune stabilité. L'idée, c'est de lui donner un CDIE, donc un contrat à durée indéterminée, pour le stabiliser dans la fonction".
Ces contrats seraient "sur mesure pour les enseignants", précise Valérie Glatigny. "Cela veut dire pas de perte de droit, avec un deuxième pilier de pension, avec aussi une rémunération plus importante, puisque l'idée, c'est d'offrir un CDIE aux jeunes qui vont sortir en 2026. Ce sont des jeunes qui vont sortir formés en quatre ans. L'idée, c'est de revaloriser leur salaire".
On préparera évidemment une période de transition
Mais qu'en est-il des enseignants entre les deux ? Ceux qui espéraient peut-être être un jour nommés ? "Évidemment, on préparera une période de transition", répond Valérie Glatigny. "Quand je dis que nous allons concerter, la preuve, c'est qu'il n'y a pas encore de texte sur la table. Et donc, on préparera ça ensemble", assure-t-elle. Les jeunes professeurs peuvent donc encore espérer être nommés : "Mais oui, bien sûr, on n'a pas encore de texte sur la table. Et donc, quand on préparera ce texte, on préparera évidemment une période de transition. Donc, l'objectif, ce n'est pas de faire perdre des gens leurs droits".
Valérie Glatigny confirme malgré tout qu'il n'y aura pas de retour en arrière. "Le décret-programme a été voté a été voté en décembre", rappelle la ministre avant de préciser :"On est très attentifs à ne pas casser des parcours de formation (...) on fait vraiment du sur-mesure et pas du prêt-à-porter".