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Deux jeunes enfants auraient été victimes d’attouchements à Gosselies : « En le lavant, j’ai vu des rougeurs »

par RTL info avec Justine Roldan Perez et Xavier Preyat
Que s’est-il passé dans une école maternelle de Gosselies, près de Charleroi ? Deux très jeunes enfants auraient été victimes d’attouchements. La puéricultrice mise en cause a quitté l’établissement et la justice, qui enquête dans la plus grande discrétion, vient de confirmer l’ouverture d’un dossier. Des parents concernés ont témoigné à notre micro.

Les doutes ont commencé en janvier : le petit garçon de 3 ans de nos témoins change de comportement. Il devient agressif, il ne veut plus aller à l’école, il se plaint aussi de douleur au niveau de l’anus. « Il me dit ça me fait mal, ça me fait mal. Alors en le lavant j’ai essayé de voir, j’ai trouvé plusieurs fois des rougeurs. Alors, il y a la sœur de mon fils qui vient chaque fois me dire ‘maman, mon frère essaye de faire introduire le pouce sur les fesses’. C’était bizarre », témoigne sa maman.

C’est en avril, en discutant avec une autre maman de l’école, qu’elle s’aperçoit que son fils agit de la même manière. Directement, elle prend contact avec un centre de prise en charge des violences sexuelles. « Ils ont examiné mon fils. Ils ont confirmé qu’il a eu un abus sexuel ».

« Je pense que les preuves sont très claires. Un enfant de 3 ans ne peut pas inventer qu’il a été touché à la zone intime, il a fait des bisous sur la bouche et tout ça », note le papa. Les parents ont porté plainte. Nous avons contacté l’avocate de la puéricultrice concernée, et elle nous indique que sa cliente conteste fermement les faits.

Nous avons aussi rencontré le président du pouvoir organisateur de l’école. Il nous explique que cette dame travaillait depuis plus de 25 ans au sein de l’établissement. Jusque-là, aucun problème n’avait été signalé. La situation est donc délicate. « En tant que pouvoir organisateur, nous ne pouvons pas interférer dans l’enquête. Nous devons faire confiance à la justice. Et d’un autre côté, nous devons continuer à travailler avec les autres parents, avec les élèves et avec les institutrices. Nous devons régulièrement, le plus souvent possible, trouver les moyens de rassurer toutes ces personnes », explique Joel Biot, président du pouvoir organisateur.

L’enquête devra faire la lumière sur tous ces éléments. Pour Nicolas Delvaux, pédiatre, il est rare qu’un enfant de 3 ans mente sur ce type de sujet. Les plus jeunes sont souvent très précis dans leurs déclarations et plusieurs signes doivent alerter les parents. « Si l’histoire de l’enfant qui nous raconte des choses bizarres, un comportement qui change, ou quand on change son enfant, on voit des choses qui ne sont pas normales, si on voit du sang, par exemple, au niveau de l’anus ou au niveau de la vulve chez la petite fille. Tout ça, ce sont des choses qui, mis bout à bout, pourraient interpeller. Et là, effectivement, je pense qu’il faut agir vite. Parce que malheureusement, s’il y a des lésions, elles se cicatrisent vite. Et au plus vite on les voit, au plus vite on peut les décrire et au plus vite on peut les utiliser, médico-légalement », précise-t-il.

Concernant l’école de Gosselies, la puéricultrice a préféré ne plus travailler au sein de l’établissement pour l’instant. Le parquet de Charleroi nous a confirmé qu’une enquête est en cours, mais aucune autre communication ne sera faite à ce stade.

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