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« On n’existe plus là-dedans » : l’intelligence artificielle menace certains métiers, dont un en particulier

par RTL info avec Mathieu Col et Denis Caudron
L’intelligence artificielle évolue très vite et peut aussi constituer une menace pour certains métiers. Transformation, disparition… Quels sont les métiers concernés ?

Au cœur de Bruxelles, un shooting en cours pour une jeune chanteuse flamande. Des photos pour la future saison des concerts et festivals. Autour d’elle, habilleuse, coiffeuse, maquilleuse, accessoiriste, directeur artistique et photographe. Loin de la production numérique avec l’intelligence artificielle, elle travaille avec du film à l’ancienne.

Italo Tavares est aussi photographe et directeur artistique au Studio Fabrique 22A. Pour lui, c’est clair, l’intelligence artificielle va tuer une partie du métier, mais une partie seulement. « C’est vrai que maintenant, avec l’intelligence artificielle et les clones des mannequins H&M par exemple, qui ont fait des campagnes justement avec des clones de ces mannequins, on est impacté. Nous, on n’existe plus là-dedans, mais de temps en temps, tu peux encore travailler avec des mannequins qui viennent des agences pour faire ton travail à toi en tant qu’artiste. »

Une pure création de la machine

Dans la vidéo ci-dessus, on voit les clones dont Italo parle. Troublant et surtout moins chers, car il n’y a plus d’avions ou de nuits d’hôtel à payer. Plus troublant encore, cette publicité est parue dans le magazine Vogue cet été. Ce mannequin n’a jamais existé. C’est une pure création de la machine comme des modèles de Levi’s. Mais alors, que vont devenir les photographes de mode ?

« Dans la mode, ça impacte vachement mon travail, ça c’est sûr, affirme Italo Tavares. Mais dans ma pratique artistique, ça n’impacte pas tant que ça. Parce que c’est un regard en tant qu’artiste. »

Quels métiers menacés ?

Le monde de la mode va donc continuer à se transformer. Mais il n’est pas le seul. Pour savoir quels sont les métiers les plus menacés par l’intelligence artificielle, nous avons posé la question à l’intelligence artificielle. Les premières réponses : traducteurs, interprètes, journalistes, les métiers administratifs, analystes dans la finance… Toute une liste, mais rien sur le monde de l’image et du son.

S’il est bien un autre métier qui est menacé, c’est celui de doubleur. David Macaluso est comédien et directeur artistique depuis 20 ans. Il est la voix française de nombreuses séries, films fiction et animations. Et comme nombre de ses collègues, il s’interroge sur l’avenir de son art.

« Pour nous, c’est un ennemi parce que c’est un danger de remplacement. En gros, pour l’instant, on est face à deux possibilités, raconte-t-il. Ce qu’on appelle le morphing, c’est-à-dire prendre le jeu de quelqu’un et coller une autre voix. Donc l’IA crée une voix, la voix d’un super-héros ou d’une petite fille ou d’un jeune homme et on le colle sur une seule personne qui aura enregistré tous les rôles. Et puis il y a l’IA générative qui pourrait, si on tape le texte, l’interpréter. Pour l’instant ce n’est pas au point, mais ça avance tellement vite qu’on ne sait pas quand ce sera au point. »

Et c’est vrai que l’IA générative reste encore parfois imparfaite, trop froide, linéaire, un peu déconnectée. C’est le cas de la voix de Sylvester Stallone générée par l’intelligence artificielle, réalisée pour un test il y a près d’un an et qui n’a pas abouti. Cela manque encore de naturel. Mais dans le domaine de l’IA, les progrès sont très rapides. Le risque de se voir remplacé est donc bien réel.

On a donné aucune autorisation pour utiliser nos voix

Être remplacé par une machine qui s’est nourrie de votre voix, c’est encore plus cruel. « Ils ont dû donner à manger à la machine pour qu’elle apprenne, souligne David Macaluso. Mais nous, on a donné aucune autorisation pour utiliser nos voix. Donc l’énorme travail qui reste à faire, c’est de légiférer ça en disant si vous n’avez pas eu l’autorisation de le faire, vous n’aviez pas l’autorisation d’utiliser notre voix. »

En Belgique, c’est un millier d’emplois, essentiellement sur Bruxelles, où l’on produit près de 30 % des doublages francophones réalisés à travers le monde.

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