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« La facture d’électricité, un impôt déguisé » : l’électricité belge est quasiment la plus chère d’Europe, comment l’expliquer ?

par RTL info avec Charlotte Simonart et Alexandre d’Haeseleer
Le montant des factures d’électricité ne cesse d’augmenter : on parle aujourd’hui de plus de 30 centimes le kilowatt/heure, ce qui fait de la Belgique un des pays les plus cher d’Europe de l’Ouest, juste derrière les Pays-Bas. Mais pourquoi ? Comment expliquer que l’électricité coûte si chère chez nous ?

Ce qui coûte cher aujourd’hui, ce sont les frais de réseau électrique, qui se complexifie à mesure que s’opère la transition énergétique. Notre dépendance au gaz fait aussi gonfler notre facture électrique, essentielle encore aujourd’hui pour assurer une production en continu, et puis il y a les taxes lorsque votre facture électrique se transforme en feuille d’impôt cachée.

Pour que la lumière s’allume dans votre maison, il faut pouvoir produire, transporter et enfin distribuer l’électricité. « Derrière ça, il y a tout un réseau qu’il faut pouvoir maintenir dans des bonnes conditions, des bonnes conditions de tension, de fréquence. Le réseau de transport, je le disais, mais également de distribution. Tout ça, c’est une grande infrastructure qui doit fonctionner à tout moment », précise Francesco Contino, professeur à l’école polytechnique de l’UCLouvain.

Un réseau qui se développe et fait la part belle désormais aux énergies renouvelables. « Il y a des actifs de production partout, des éoliennes, des panneaux solaires. Cette électricité, il faut bien l’amener vers les consommateurs. Cela demande des plans d’investissement gigantesques chez les GRD, les gestionnaires locaux et aussi le grand transporteur du pays, Elia », note Maxime Vande Weyer, journaliste et spécialise en énergie.

Dix milliards d’euros investis dans le réseau jusqu’en 2028, payés en partie par nos factures, mais notre production électrique reste aussi dépendante du gaz, dont les prix fluctuent au gré de la géopolitique : +50 % depuis le 1er janvier. « Avec beaucoup d’actifs renouvelables qui dépendent des conditions météo, les éoliennes, le vent, les panneaux solaires, le soleil, nous avons besoin d’autres capacités électriques pour combler le trou à des moments ponctuels. Les centrales en gaz fonctionnent très bien pour remplir cette mission parce qu’on peut les allumer assez rapidement. Malheureusement, évidemment, cela a un coût ».

Une bonne partie de notre facture d’électricité est enfin absorbée par les taxes jusqu’à un tiers du montant en Wallonie. « On parle souvent de la facture d’électricité du citoyen belge comme d’une feuille d’impôt déguisée… et c’est particulièrement le cas en Wallonie ». C’est dû aussi à un paysage énergétique qui est beaucoup plus complexe, avec beaucoup de redevances à régler », note encore Maxime Vande Weyer.

Pour rendre l’électricité plus compétitive, le gouvernement Arizona met en place ce tax shift, c’est-à-dire taxer davantage les énergies fossiles qu’électriques, mais les effets sur votre facture ne pourraient bien être que marginaux, selon les spécialistes.

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