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Le Nutri-score est affiché sur un produit sur deux, mais peut-on réellement s’y fier ? L’impact est réel, mais il y a une limite

par RTL info avec Laura Van Lerberghe et Alexandre d’Haeseleer
Ce mercredi matin, le ministre fédéral de la santé était dans les studios de bel RTL. Parmi les projets de Frank Vandenbroucke : étendre le fameux nutri-score aux publicités. Cet indicateur qui varie de A à E permet de classer les aliments en fonction de leur valeur nutritionnelle, allant du plus au moins sain. Mais est-ce vraiment fiable ?

Au moment de faire ses courses, un simple produit peut parfois nous faire hésiter, réfléchir. Alors pour s’y retrouver, le Nutri-Score est devenu pour certains consommateurs un indicateur important. « On est attiré quand c’est A, et quand c’est C, on se demande, comment ça se fait », « Je dirais que si je dois choisir entre un A et un B, je prendrais le A », « C’est le seul repère que j’ai. Scientifiquement, je n’en ai pas d’autres », entend-on dans les rayons d’un magasin.

Ces quelques lettres sont là pour nous aider à comprendre la qualité nutritionnelle de nos produits. Plus la note est élevée, plus le produit est équilibré. A l’inverse, une mauvaise note peut révéler un produit trop salé, sucré, trop gras ou encore moins riche en fibres et en protéines. « Prenons les céréales petit déjeuner : tout le monde sait qu’il faut limiter leur contenu en sucre. Mais quelle quantité ? Est-ce que c’est 5 %, 10 %, 20 % ? Le consommateur n’en a aucune idée. Mais il ne tient pas compte du fait que l’aliment soit ultratransformé ou pas », détaille Hélène Alexiou, diététicienne.

Selon les autorités françaises, 80 à 85 % des produits notés D ou E sont ultratransformés. Pour aller plus loin, d’autres plateformes existent, comme OpenFoodFact, qui précise le niveau d’ultra transformation et Yuka, qui attribue une note sur 100 en combinant Nutri-score, additifs et le caractère bio du produit.

« Je dirais que les deux sont intéressantes pour les consommateurs. On sait que pour ne pas avoir un mauvais score Yuka, énormément de fabricants alimentaires ont reformulé, plus que par la pression des autorités, avec tellement peur de l’impact que pouvait avoir cette application, ont retravaillé le sel, le sucre, les graisses de leurs produits », remarque Laurence Doughan, experte en politique nutritionnelle au SPF Santé Publique.

L’impact est donc réel. Reste une limite : la transparence de ce type d’application. « Attribuer des points pour dire que tel additif est plus défavorable qu’un autre, sur base de la science, pour l’instant c’est impossible. Et donc on n’a pas de transparence par rapport à ça, par rapport à Yuka, là où le Nutri-score, autant l’algorithme que toutes les études scientifiques sont publiées », rappelle l’experte.

L’organisation de coopération et de développement économique est formelle. Une généralisation du NutriScore pourrait éviter 2 millions de cas de maladie d’ici 2050.

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