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D’ici à 2029, la facture énergétique des ménages belges va progressivement évoluer. Première bonne nouvelle : le prix de l’électricité devrait diminuer, non pas grâce à une réduction de la TVA, mais via une baisse des accises, cette taxe fixe que perçoit l’État sur la consommation d’énergie.
Pour Pierre Baijot, directeur de Resolia, un bureau spécialisé dans la décarbonation de la chaleur, cette évolution est un signal fort en faveur de la transition énergétique. « Je pense que c’est une excellente nouvelle pour le secteur de la décarbonation de la chaleur et pour aider les gens à passer vers des systèmes de chauffage plus respectueux de l’environnement », explique-t-il. Il rappelle qu’aujourd’hui, « le prix de l’électricité est grosso modo quatre fois plus cher que le prix du gaz pour une même quantité d’énergie livrée ». Cette révision fiscale vise donc à réduire cet écart, pour rendre l’électricité plus compétitive face aux énergies fossiles.
Le gaz de plus en plus taxé
En parallèle, le gaz sera davantage mis à contribution. Une hausse des accises est prévue, dans la droite ligne des objectifs européens visant à taxer davantage les énergies fossiles pour inciter à la transition énergétique.
On ne peut pas simplement être dans une logique punitive
Cette évolution inquiète les associations de consommateurs, alors que 65 % des ménages belges se chauffent actuellement au gaz. Julie Frère, porte-parole de Testachats, s’alarme : « C’est dans la ligne des obligations européennes qui vont être imposées, de taxer plus les énergies fossiles. Mais il faut absolument prendre des mesures d’accompagnement pour tous les ménages aujourd’hui qui se chauffent au gaz. On ne peut pas simplement être dans une logique punitive, on doit être dans une logique d’accompagnement. »
Selon un professeur de l’université de Leuven, cette hausse représenterait environ 45 euros supplémentaires par an sur la facture de gaz d’ici à 2029. En contrepartie, l’allègement sur l’électricité devrait permettre une économie d’environ 34 euros par an.
Mazout, essence, diesel : d’autres hausses à prévoir
Outre le gaz, d’autres énergies fossiles sont également concernées par une hausse des accises. Dès 2026, le mazout de chauffage sera davantage taxé : les accises passeront de 17 à 23 euros pour 1.000 litres. L’essence et le diesel ne seront pas épargnés non plus. Un plein de 50 litres coûtera environ 25 centimes de plus.


















