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Production en hausse, prix en berne : la Belgique inquiète pour ses patates

par RTL info avec AFP
La Belgique connaît une récolte record de pommes de terre, mais les agriculteurs s’inquiètent. Les prix s’effondrent et les exportations de frites surgelées ralentissent face à la concurrence internationale.

Baudouin Dewulf, agriculteur dans l’est de la Belgique, observe son tracteur surchargé de pommes de terre et ne cache pas son inquiétude : « C’est une année qui va être difficile commercialement ». Alors que le pays enregistre des récoltes record, les cours chutent et les exportations de frites surgelées connaissent un net ralentissement, frappées par des droits de douane, un euro fort et une concurrence internationale accrue. Cette surproduction pèse lourdement sur le marché.

« Un petit peu engorgé », comme le résume Pierre Lebrun, responsable de Belpotato, le marché ne parvient plus à absorber une production toujours plus massive. La Belgique, premier exportateur mondial de frites, voit ses ventes à l’international diminuer, notamment aux États-Unis, tandis que de nouveaux acteurs émergent en Inde, en Chine ou en Égypte. Sur le marché libre, le prix de la pomme de terre est tombé à 15 euros la tonne, contre près de 600 euros l’an dernier, un retournement brutal pour des producteurs habitués à des revenus garantis.

La frite belge reste populaire… mais son âge d’or est derrière elle

Cette situation contraste avec la forte demande mondiale qui a soutenu l’industrie ces dernières années. L’engouement pour les frites et le boom de la restauration rapide en Asie et au Moyen-Orient ont incité les agriculteurs à investir massivement et à augmenter continuellement leurs surfaces cultivées. La production belge attendue en 2025 est de cinq millions de tonnes, soit 11 % de plus qu’en 2024.

Mais malgré ces succès passés, l’heure est désormais au « reset », comme le résume Christophe Vermeulen, directeur de Belgapom. Face à un marché mondial plus exigeant et à une concurrence internationale féroce, les producteurs belges et européens doivent repenser leur stratégie pour éviter que l’abondance devienne un piège.

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