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« Un défi majeur » : ce petit fromage apprécié des enfants va se réinventer complètement d’ici 2027

par RTL info avec AFP
Bel remplace la cellophane des Babybel par du papier, un tournant destiné à réduire le plastique dans les emballages alimentaires. Une évolution majeure qui soulève encore des défis de production et de recyclage.

Le groupe Bel remplace la cellophane des Babybel par du papier, un changement présenté comme un « défi majeur » dans un contexte de réduction du plastique. Dans son usine d’Évron (Mayenne), qui produit un Babybel sur deux consommé dans le monde, cinq ans de recherche ont permis d’adapter deux lignes de conditionnement. L’objectif est d’atteindre le 100 % papier d’ici fin 2027 pour les deux milliards de portions annuelles.

Des modifications importantes ont été nécessaires pour maintenir la cadence de production. « Il y a des attentes sociétales fortes et croissantes sur l’aspect des emballages et, en tant qu’entreprise qui a inventé le fromage en portion, nous avons une responsabilité », souligne Béatrice de Noray, directrice générale adjointe du groupe Bel.

« Une réponse à long terme »

L’usage du plastique, très répandu depuis les années 1950, reste massif dans l’agroalimentaire. Le sujet est revenu récemment à l’Assemblée nationale française, même si les députés ont rejeté une hausse de la fiscalité sur les déchets et une taxe plastique. Bel insiste pourtant sur une démarche indépendante : ce changement n’est pas « une réponse à des injonctions, mais une réponse à long terme ». Le but est « d’offrir au consommateur des emballages plus respectueux de la planète », explique Delphine Chatelin.

Le passage au papier devrait réduire les émissions de CO₂ de 2.500 tonnes, soit 62 % de l’empreinte carbone de l’emballage. Mais le groupe vise plus loin : 100 % d’emballages recyclables ou compostables d’ici 2030. Les tests se poursuivent notamment pour Kiri, afin d’obtenir un « papier imperméable à l’eau, à l’air et au gras ».

Le recyclage reste toutefois un défi : « Ces emballages, trop petits, ne sont pour l’instant pas adaptés aux lignes actuelles des sites », reconnaît Mme Chatelin. Zero Waste France juge la démarche insuffisante, dénonçant une simple substitution « d’un emballage à usage unique par un autre ». « Il n’y aura pas d’effet sur la quantité de déchets que ça va générer », estime Marine Bonavita. « C’est le modèle du jetable dans son ensemble qu’il faudrait repenser ».

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