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À Manhay, Philippe Laval possède deux ruches qui comptent environ 25.000 abeilles. Pour les défendre face aux frelons asiatiques, il a posé des pièges qui se révèlent extrêmement efficaces. « Pour le moment c’est la saison du frelon asiatique et voilà ce qu’on récolte. Ce que vous voyez ici c’est un piège, sachant qu’on en a cinq, et on récolte entre 80 et 120 individus par jour », montrait-il dans le RTL info 13h. Sachant qu’un seul frelon asiatique est capable de tuer 70 abeilles par jour et qu’une colonie de frelons, elle, peut décimer une ruche en quelques heures.
À cause du printemps trop doux
Les frelons morts qu’il piège, il les conserve et nous montre : « Voici ce qui a été piégé depuis le 15 août, à savoir environ 3.000 frelons, alors qu’à la même époque l’année passée, j’en avais piégé 24. À l’époque je m’étais dit que ce n’est pas si énorme que ça le problème des frelons asiatiques, qu’on y fera facilement face. Eh bien un an après, voilà ce qui arrive, voilà ce qui attaque nos abeilles. » C’est la douceur du printemps qui est en cause dans leur prolifération cette année. Les frelons sont sortis d’hibernation beaucoup plus vite et les reines ont pu vraiment proliférer.
Appel à la population pour aider les apiculteurs
José Artus, lui, est apiculteur professionnel depuis l’âge de 10 ans et possède près de 150 ruches. « La difficulté majeure de cette année, c’est que nous avons été pris à la gorge. Par rapport à 2024, c‘est énorme, c’est à faire peur même », confirme-t-il. « Donc maintenant, c’est à nous de nous former, de former le grand public, de sensibiliser les communes qui doivent sensibiliser leurs citoyens, mois après mois, de façon à ce qu’ils puissent protéger l’environnement. » Car si seuls les apiculteurs installent des pièges, ça ne suffira « clairement pas », estime-t-il. « C‘est un ennemi qui n’est pas à la mesure des apiculteurs uniquement. Il faut que tout le monde s’y mette via les autorités locales, telles que les communes, pour informer. »
Cette véritable explosion du nombre de frelons asiatiques est source d’inquiétude également à long terme pour l’ensemble de la biodiversité. « Ça a déjà des conséquences très lourdes, elles sont déjà visibles maintenant », explique José. « Des guêpes, il n’y en a plus, mais il y a autre chose, il y a les papillons. Il ne faut pas oublier que les frelons volent aussi pendant la nuit, donc tous les papillons de nuit qui sont disponibles pour la faune telle que les chauves-souris, les oiseaux, vont être démunis quand ils vont avoir besoin d’insectes pour nourrir leurs petits et se nourrir eux-mêmes. Donc tout cela, il faut le voir comme étant un grand danger. »













