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Gims, le chanteur aux multiples records, est-il prêt à tirer sa révérence ? C’est ce qu’il laisse entendre dans une récente déclaration : « Je pense que c’est beau que ça se finisse sur une note comme ça. Ça fait 20 ans que ça dure pour moi personnellement, 10-15 ans pour le grand public. Je pense que ça sera mon dernier tour », a-t-il lancé face aux caméras.
Une annonce choc pour celui que certains considèrent comme « le patron de la chanson française ». Pour Hughes Hamelynck, expert musical, le doute plane : stratégie de communication ou véritable intention de retraite ?
L’homme derrière les lunettes
Gims entretient avec soin son image. Toujours dissimulé derrière ses lunettes noires, il fascine autant qu’il intrigue. « C’est un timide et il se cache derrière ses lunettes. C’est aussi sa marque », analyse Pat Patoma, journaliste congolais.
Mais cette maîtrise de son image alimente aussi les critiques. « Gims, ce n’est jamais qu’un produit, ce n’est pas son vrai nom », estime Hughes Hamelynck, soulignant le sens aigu du marketing de l’artiste, souvent perçu comme « mégalo ».
Un parcours entre racines et ruptures
Né à Kinshasa, Gims a fui le régime de Mobutu en 1986 pour grandir à Paris. Ambassadeur culturel de la République démocratique du Congo, il reste malgré tout dans une relation ambivalente avec sa communauté d’origine. « Une sorte d’amour-haine », décrit Pat Patoma.
Ce qui cristallise les critiques ? Son passage du rap à la variété. « Il a quitté le rap, donc la musique de revendication, un peu comme si on quittait le reggae. Ça ne se fait pas », poursuit le journaliste.
Trahison
Certains jeunes rappeurs continueraient même à ignorer Gims, considérant ce changement comme une « trahison ».
S’il débute dans le rap, où « c’est le flow, le texte qui va compter », Gims comprend rapidement l’intérêt de mélanger les styles. Et sa voix devient son principal atout. « Il peut mettre le micro à un mètre de sa bouche, je vous promets que vous l’entendez dans une salle de concert », affirme Hughes Hamelynck.
Pat Patoma va plus loin : « Moi, je pense qu’il a les moyens d’être aujourd’hui comparé à Johnny Hallyday ».
La théorie fumeuse des pyramides
La puissance vocale n’éclipse pas certains dérapages. Lors d’une interview, Gims avait avancé une théorie farfelue sur les pyramides égyptiennes : « Les pyramides qu’on voit là, au sommet, il y a de l’or. L’or, c’est le meilleur conducteur pour l’électricité. C’était des foutues antennes. Les gens avaient l’électricité. »
Un propos qui avait fait polémique. Pourtant, Hughes Hamelynck relativise : « Il a peut-être juste dit une connerie, mais je crois qu’il est au-dessus de ça et que ça participe à son personnage, un peu à sa légende. »
Malgré l’annonce d’un possible retrait, Gims reste omniprésent. « Il peut vraiment avoir envie d’arrêter, mais on ne le laissera pas arrêter. Il n’a pas 40 ans », estime Pat Patoma.
L’artiste s’investit désormais dans la production et accompagne de jeunes talents. « Il dirige d’autres projets artistiques que les siens. De la musique, Gims va continuer à en faire », ajoute Hughes Hamelynck.
Le chanteur sera d’ailleurs de retour sur scène en juillet 2026, en Belgique.
















