Partager:
Présente depuis plus de 25 ans au-dessus de nos têtes, l’ISS vit ses dernières années. « Elle est habitée sans interruption depuis plus de vingt ans », rappelle Pierre-Emmanuel Paulis, instructeur à l’Euro Space Center. À 400 kilomètres d’altitude, les astronautes filent à 28 000 km/h et bouclent seize orbites quotidiennes autour de la Terre. Véritable laboratoire scientifique, la station a accueilli de nombreuses missions, dont celles de l’astronaute belge Frank De Winne, « premier Européen à commander l’ISS », souligne Paulis.
Des modules vieillissants et un coût d’entretien colossal
Mais après plus de 20 ans de service continu, la station montre des signes de fatigue. « Les modules russes, envoyés en premier, sont les plus abîmés, terriblement irradiés par le Soleil », explique l’expert. Les remplacer n’est pas envisageable : « Il faudrait détacher, relancer et reconnecter de nouveaux modules depuis l’espace.
C’est extrêmement complexe et coûterait bien trop cher. » La fin de l’ISS est donc désormais planifiée autour de 2030, avec un retour contrôlé dans l’atmosphère.
Une destruction encadrée pour éviter tout risque
Impossible de laisser l’ISS retomber librement sur Terre. « La gravité agit encore à 89 % à cette altitude », souligne Pierre-Emmanuel Paulis. Pour éviter tout danger, la station sera dirigée vers le « point Nemo », zone la plus isolée du globe, au milieu du Pacifique.
« Elle se consumera en grande partie, mais il y a des morceaux passeront », avertit l’expert, rappelant le précédent de la station américaine Skylab.
Place à l’ère des stations privées
D’ici là, il faudra assurer la relève. « Si l’on veut que nos astronautes continuent de voler et de faire de la science, il faut une présence humaine en orbite », insiste Pierre-Emmanuel Paulis. Plusieurs projets privés, comme Axiom, se préparent déjà. Ces structures accueilleront chercheurs et astronautes pour des séjours scientifiques, via des vols opérés par des sociétés comme SpaceX. « Les agences devront bientôt acheter des places à bord », explique-t-il. Elles ne peuvent « plus se permettre, budgétairement parlant, de s’offrir la construction et le lancement de tels projets ». Une nouvelle page s’ouvre donc, celle du spatial commercial.


















