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Récemment, Médecins sans frontières a repris ses opérations en mer Méditerranée. L’association y est active pour secourir des migrants qui tentent de la traverser depuis la Libye ou la Tunisie jusqu’en Italie (et en Europe). Après l’arrestation de leur premier bateau, Médecins sans frontières revient avec un nouveau navire, bien plus petit, mais plus efficace.
Pour Juan Mathias Gil, représentant des opérations de secours en Méditerranée, la fonction du bateau a un peu changé. « Nous travaillons désormais comme un service d’ambulance. On intervient s’il y a une urgence. Ce navire est plus rapide, agile. Nous pouvons intervenir, secourir et repartir plus vite. »
Un précédent bateau arrêté par l’Italie
Il y a un an de cela, MSF opérait déjà des sauvetages, mais avec un navire plus grand, le Geo Barents. Long de 77 mètres, c’est quatre fois plus que le nouveau. Il pouvait également accueillir 700 personnes, contrairement à 100 pour la nouvelle embarcation.
Ces derniers mois, une loi italienne rendait les opérations de sauvetage compliquées. Celle-ci stipule qu’après un sauvetage, un port distant soit assigné afin de débarquer les survivants. Selon les associations, cela est volontaire pour éloigner le bateau des zones de recherche. Ces associations sont accusées par les autorités italiennes de faciliter l’arrivée de migrants. « Les chiffres contredisent ces accusations. Avec ou sans nous, les personnes continuent à partir. Ceux qui nous accusent, n’ont clairement jamais parlé avec un migrant. Ils abandonnent tout ce qu’ils ont sans savoir ce qui les attend. », explique Juan Mathias Gil.
Un deuxième bateau est prévu
Depuis 2014, l’ONU estime que 33.000 migrants ont perdu la vie en Méditerranée qui constitue l’une des routes migratoires les plus dangereuses. Avant de remettre un bateau à la mer, MSF s’est posé plusieurs questions. « Est-ce que les gardes-côtes libyens vont nous viser ? Est-ce que c’est safe de le faire et est-ce qu’on ne va pas finir en prison ? Alors que l’on essaie simplement de repêcher des gens en mer. Cela symbolise une déshumanisation qui est absolument effroyable. », détaille Julien Raickman, coordinateur des activités de migration pour MSF.
En dix ans, Médecins Sans Frontières a secouru plus de 94 000 personnes en Méditerranée (94 215).L’association souhaite lancer un deuxième bateau d’ici quelques mois malgré les restrictions.

















