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Polémique autour de la crèche de Bruxelles : ce n’est pas la première fois que ce symbole fait parler, loin de là

par RTL info avec Christophe Giltay
À Bruxelles, la polémique autour de la nouvelle crèche de la grand-place n’en finit pas de rebondir. Dernier épisode en date la pétition lancée par Georges-Louis Bouchez pour le retour à l’ancienne crèche. Nous avons généralement en tête, depuis l’enfance, le modèle de la crèche provençale avec ses santons. Pourtant il n’y a pas, même au cœur de l’Église catholique, une esthétique officielle de la crèche.

Le style de la nouvelle crèche placée sur la Grand-Place de Bruxelles a fait beaucoup parler ces derniers jours. « C’est une honte, tout fout le camp ce sont des totems païens, c’est une crèche horrible, elle fait peur, elle fera pleurer les enfants. » Vous allez me dire : « Ah oui, ce sont des réactions recueillies à Bruxelles devant la crèche en chiffons ». Hé bien pas du tout… Ces déclarations ont été publiées par le Figaro le 14 décembre 2020, et concernent la nouvelle crèche inaugurée par le Pape François trois jours plus tôt sur la place Saint-Pierre.

Cette année-là, François avait décidé de rompre la tradition lancée par Jean Paul II en 1982. Alors qu’on était en plein COVID, il avait par mesure d’économie, décidé de ne plus recourir aux services techniques du Vatican pour construire à grands frais une imposante nativité classique, inspirée des modèles napolitains. Dorénavant, la crèche comme le sapin serait offerte par une communauté chrétienne d’Italie ou d’ailleurs.

Le Pape argentin voulait que la crèche soit maintenue, certes, mais renouvelée et redécouverte et pour lui ça impliquait de modifier, adapter, et actualiser la crèche, selon l’époque, les donateurs, les artisans. Ainsi, en 2020, le Vatican l’avait confiée à un village, du centre de l’Italie, Castelli, spécialisée dans le travail de la céramique.

Dans les années 60, les élèves de son école d’art avaient créé une crèche avec des personnages évoquant la conquête de l’espace, mais aussi les univers égyptiens et sumériens. En 2020, la place Saint-Pierre avait donc exposé ces créations très avant gardistes. À chaque année son scandale car en 2024 la crèche avait été offerte par la commune de Bethléem, logique, sauf que la ville de naissance du Christ se situe aujourd’hui en Cisjordanie et que l’enfant Jésus était enveloppé dans un keffieh palestinien.

Résultat, protestation officielle de l’ambassade d’Israël auprès du Saint-Siège. Cette année, on calmera le jeu, et ce sera une crèche venue du sud de l’Italie dans un style classique, en accord avec les idées de Léon XIV, moins progressiste que François.

Mais bien qu’inventée selon la légende par Saint-François d’Assise au XIII ème siècle, il n’y a pas de crèche officielle. Africaine en Afrique, japonaise au Japon, Inuit au Groenland, avec des santons bien sûr mais aussi pourquoi pas des playmobils, ou des figurines en spéculoos.

À Rome le musée de la crèche, piazza del popolo, en montre des dizaines de variations. On peut regretter le Noël de son enfance, mais que ceux qui s’attristent en comparant les personnages de Bruxelles à des SDF, se souviennent que Marie et Joseph étaient cette nuit-là, justement… des SDF.

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