Accueil Actu Monde France

Des poupées sexuelles d’apparence enfantine vendues sur Shein : nouveau dérapage pour le site chinois, déjà multi-condamné

par RTL info avec Christophe Giltay
À 48 heures de l’ouverture de son premier magasin physique à Paris, le groupe chinois Shein, spécialiste de l’ultra-fast fashion, est au centre d’une polémique. La répression des fraudes l’a signalé à la justice pour la vente en ligne de poupées à caractère pédopornographique. La poupée a été retirée du catalogue, mais cette histoire jette une ombre de plus sur Shein.

L’imitation est stupéfiante : la poupée de 80 cm de haut représente une petite fille qui tient un nounours dans ses bras. Le quotidien Le Parisien en a publié une photo accompagnée du descriptif explicitement sexuel qui l’accompagne.

Les remarques de la direction générale de la répression des fraudes sont très claires : le site d’e-commerce Shein commercialisait des poupées sexuelles d’apparence enfantine. Leur description et leur catégorisation sur le site permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus.

Immédiatement saisi, le procureur de la République s’est adressé à l’entreprise pour lui demander de faire cesser cette situation, e qu’elle a fait. Il faut dire que selon la loi française, la diffusion via un réseau de communication électronique de représentation à caractère pédopornographique est passible de 7 ans de prison et 100 000 euros d’amende. Dans un communiqué, le groupe chinois a affirmé que les produits en question avaient été immédiatement retirés de la plateforme. Son porte-parole français a ajouté « Ce type de contenu est totalement inacceptable et va à l’encontre de toutes les valeurs que nous défendons ».

Mais l’affaire ne s’arrêtera peut-être pas là : la répression des fraudes a également signalé l’absence de mesures de filtrage empêchant efficacement l’accès pour les mineurs à des contenus commercialisant des poupées sexuelles, cette fois d’apparence adulte. Ce qu’on appelait autrefois « les poupées gonflables » sont aujourd’hui beaucoup plus sophistiquées, des jeunes femmes sexy en silicone.

Shein en commercialise beaucoup sur sa plateforme, ce qui jette une ombre sur sa collaboration avec le groupe français, propriétaire du prestigieux BHV, le bazar de l’hôtel de ville qui doit ouvrir mercredi une boutique Shein dans ses murs.

Ombre d’autant plus grande que Shein a écopé cette année de trois amendes pour un total de 191 millions d’euros pour « non-respect de la législation sur les cookies en ligne ». Fausse promotion, informations trompeuses et non-déclaration de la présence de microfibres plastiques dans ces produits.

Pour couronner le tout, le géant chinois est visé par une proposition de loi contre l’essor de la mode jetable ultra-éphémère. Le groupe BHV, positionné sur le haut de gamme, espérait, en accueillant Shein à Paris et dans cinq villes de province, amener une nouvelle clientèle dans ses magasins. Au vu des derniers développements, cette stratégie pourrait s’avérer contre-productive en détournant les clients d’une enseigne associée à la pédophilie.

Conclusion, comme son nom l’indique, au BHV, c’est le bazar.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus