Accueil Actu Monde France

« Il y a un pardon, avec un gros mot » : 10 ans après les attentats de Paris, Bilal garde de graves séquelles

par RTL info avec Laura Van Lerberghe et Véronique Forest
Dix ans après les attentats du 13 novembre, Bilal Mokono raconte un combat acharné contre les séquelles physiques et psychologiques de cette nuit tragique près du Stade de France.

Bilal Mokono, victime des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, continue de porter les cicatrices indélébiles de cette soirée effroyable. L’attaque près du Stade de France a bouleversé sa vie à jamais. Étant sur place avec son fils de seulement treize ans, il a survécu, mais à un prix lourd : la perte de l’usage de ses jambes, une partie de son audition et d’un corps profondément marqué par les blessures.

Aujourd’hui, dix ans après les faits, Bilal vit avec les conséquences irrémédiables de cette nuit. En fauteuil roulant, il doit prendre 19 médicaments par jour. « Il faut rééduquer le cerveau, retravailler sur le cerveau. Il ne se passe rien sur mes jambes. Mes jambes ont maigri. Elles perdent en force, en puissance », décrit-il.

Dans sa rééducation, Bilal Mokono ne cache pas les difficultés psychologiques liées au processus : « Il y a des moments où je baisse les bras. J’ai envie de leur dire ‘arrêtez, on arrête la casse, c’est bon’ ». Victime de cette usure physique et mentale, il a vu son poids chuter de manière drastique.

En 2021, à l’occasion du procès des attentats de Paris, Bilal a choisi de témoigner face aux terroristes. Cette confrontation directe visait à trouver, sinon une forme de paix, au moins une certaine résilience. Cependant, il reconnaît que ce processus est loin d’être facile : « Il y a un pardon avec un gros mot à côté, qui est très difficile. C’est quelque chose qu’on a du mal à oublier. »

En plus des séquelles physiques, Bilal Mokono exprime un sentiment d’abandon ressenti par une partie des victimes des attentats, en particulier celles du Stade de France. « Nous avons le ressenti d’être laissés en seconde zone. On ne compte pas, en fait. On n’est pas morts. Comme on n’est pas morts, on ne compte pas. »

Victime du terrorisme, mais survivant, Bilal Mokono se décrit comme un témoin d’une période sombre où il est nécessaire de continuer à faire entendre la voix des survivants.

Contenus sponsorisés

À la une

Les plus lus