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L’Ukraine se positionne pour acquérir 100 avions Rafale : mais qui va les payer ? Les 27 ne sont pas d’accord entre eux

par RTL info avec Christophe Giltay
Polémique en France sur l’acquisition théorique de 100 avions Rafale par l’Ukraine. La lettre d’intention, signée lundi soulève de nombreuses questions, en premier lieu sur les capacités de paiement de l’Ukraine. Mais aussi sur la fabrication et la fourniture de ces avions qui pourraient prendre plusieurs années.

Lundi, c’était « embrassons-nous Folleville » sur l’aéroport militaire de Villacoublay. Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky, les yeux plein d’étoiles, devant un beau Rafale avec ses missiles ; on aurait dit un tonton gâteau offrant une voiture à son neveu pour fêter un diplôme.

Sauf qu‘un Rafale ce n’est pas le dernier modèle de R5 : coût unitaire entre 80 et 100 millions d’euros, selon l’armement et le contrat de maintenance. Soit pour le total de la commande 10 milliards d’euros, hypothèse basse. Car selon les experts, le chiffre pourrait s’établir plutôt entre 15 et 20 milliards incluant le soutien, la formation, les munitions etc.

Une commande qui s’ajouterait à l’achat de 100 à 150 avions de combat Gripen, du constructeur suédois Saab, pour lesquels Kiev a également signé une lettre d’intention. La question demeure : qui va payer ? Mais nous y reviendrons, car une lettre d’intention comme son nom l’indique ce n’est pas une commande, c’est juste le début d’une négociation.

Quels seront les retours industriels ? Quel sera le prix de l’entraînement des pilotes ? Quelles options supplémentaires les Ukrainiens vont-ils choisir ? Et puis surtout le plus important… les délais de livraison. Un Rafale ça ne se fabrique pas à la chaîne et il n’y a pas de stocks disponibles sur un parking derrière la société Dassault.

L’avionneur français peut sortir en moyenne 30 Rafales par an ! En 2024, l’armée française, son plus gros client, en a reçu 14 ! Au total la France, le pays d’origine, en a commandé 234 : 138 ont déjà été livrés, 96 pour l’armée de l’air, et 42 pour la Marine. Mais compte tenu des impératifs de maintenance, il n’y en a que 104 immédiatement opérationnels.

Résultat, le chiffre de 100 pour l’Ukraine est tout bonnement irréaliste… du moins à court terme, les livraisons pourraient prendre 10 ans. Quant au financement comme pour l’essentiel de l’effort de guerre Ukrainien, il ne pourra venir que de l’Europe.

Pour une aide globale, Rafale, Gripen, batteries antiaériennes et les autres armes, trois pistes sont possibles, selon un plan proposé aux 27 par Ursula von der Leyen : soit des aides bilatérales mais de nombreux pays sont déjà très endettés, soit un emprunt commun comme pendant le COVID, mais l’Allemagne n’en veut pas, soit un « prêt de réparation » gagé sur les avoirs russes, mais là c’est la Belgique qui coince.

Au total, un prêt énorme de 140 milliards d’Euros pourrait permettre à l’Ukraine de tenir trois ans, maximum ! Au final, la commande de ces Rafales pourrait n’être qu’un mirage.

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