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Le smartphone et les cartes de son mari volés à l’hôpital Saint-Luc : « Les patients sont des proies faciles »

Par RTL info avec Samuel Ledoux, Laura Van Lerberghe, Steve Damman et Marius Chodé
Vous êtes plusieurs a nous avoir fait part de votre témoignage pour dénoncer des vols dans les hôpitaux via le bouton orange Alertez-nous. Ce phénomène qui, s’il reste stable en termes de chiffres, est encore bien réel. On estime qu’il y a en moyenne trois vols par jour dans les hôpitaux belges.

Au sein de l’hôpital liégeois du Montlégia, des agents de sécurité sont présents 24 heures sur 24. Parmi eux, Fouad El Barhdadi, qui, avec deux autres collègues, surveille en permanence le va-et-vient d’environ 4.000 personnes chaque jour. Une vigilance indispensable, car les vols y sont courants.

« C’est notre quotidien. On a très souvent des vols simples, que ce soit des portefeuilles, des GSM, des clés de voiture ou des vols dans les commerces, que ce soit dans le Tessi ou dans le Carrefour, avec des vols simples qui vont de l’alimentation aux vêtements. », témoigne Fouad El Barhdadi.

Des dispositifs de protection

La grande majorité des hôpitaux belges proposent aujourd’hui des dispositifs de protection pour les patients tels que des placards sécurisés par code, ou encore des armoires mobiles destinées à mettre les effets personnels à l’abri.

Joseph Gaublomme, responsable sécurité au CHC Montlégia, explique comment fonctionne ce système : « Le CHC lui, décline toute responsabilité en cas de vol, un peu comme toutes les entreprises. Mais on a quand même mis en place, avec la zone de police de Liège, un processus de dépôt de plainte simplifié et donc le patient depuis sa chambre d’hospitalisation peut déposer plainte et sera recontacté à la face d’hospitalisation par la police. »

Depuis quelques années, le nombre de vols et d’extorsions commis dans les hôpitaux reste relativement stable. En 2024, on estime qu’en moyenne trois vols par jour y ont été déclarés.

« Les voleurs le savent »

C’est le cas pour Isabelle. Il y a quelques jours, son mari, hospitalisé aux Cliniques universitaires Saint-Luc, s’est fait voler son téléphone portable, ainsi que ses cartes bancaires et ses documents d’identité.

« Il n’y a plus de lignes fixes dans les chambres. Donc chaque patient est bien obligé d’avoir un GSM s’il veut un contact avec la famille ou avec l’extérieur. Les voleurs le savent aussi. Le patient, il fait comment ? Si on ne peut plus mettre dans les armoires fermées à clé, si on ne peut plus garder ça dans la table de nuit, ils ne peuvent plus le garder sur eux », interroge Isabelle.

Les patients sont vulnérables. Ce sont des proies faciles.
Isabelle Torton, Dont le mari a été victime d’un vol

« Les patients sont vulnérables. Ce sont des proies faciles. Et puis, les portes restent ouvertes. En fait, nous, on était dans un faux climat de sécurité qui n’en était pas un », ajoute-t-elle.

Réseau de caméras de surveillance

Les voleurs profitent du désarroi des malades et des visiteurs, mais aussi du va-et-vient permanent dans les hôpitaux, pour passer à l’acte. Voilà pourquoi des caméras de surveillance sont installées presque partout, comme le confirme Joseph Gaublomme : « On possède 560 caméras pour l’ensemble du site de la Clinique du CHC Montlégia. On en retrouve notamment au niveau du parking, de l’entrée principale, des consultations, des sas-ascenseurs. »

Seule faille du système, pas de caméras dans les chambres : « On n’en retrouve pas dans les chambres parce que là, on entre directement en conflit avec la vie privée du patient. Mais nos dispositifs caméras permettent de dissuader ou aider la police dans leur enquête », nuance Joseph Gaublomme.

Le phénomène des vols dans les hôpitaux recule grâce aux mesures de prévention, mais il reste bien réel. Ils représentent encore environ 1 % de la criminalité enregistrée par la police fédérale.

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