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11.11.11, l’organisation faîtière belge pour la solidarité internationale, réagit de manière particulièrement critique au plan de paix présenté lundi par le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. « Ce n’est pas un plan pour la paix, mais un plan dangereux qui porte en lui les germes d’un nouveau conflit. Derrière les belles paroles se cache un texte qui renforce la position dominante d’Israël et accroît l’oppression du peuple palestinien ».
11.11.11 souligne que le plan est très vague, « sans cartes détaillées, calendriers ou mécanismes de contrôle ». Le plan fixe des conditions, mais ne précise pas qui déterminera si celles-ci sont respectées, ni ce qui se passera si Israël impose des exigences déraisonnables. « Il s’agit d’un ’plan de paix’ unilatéral dans lequel une partie à la table des négociations élabore et signe un accord avec elle-même, sans que l’autre partie n’ait même lu cet accord », estime la directrice générale Els Hertogen. « Cette recette contient tous les ingrédients nécessaires pour retarder, bloquer et garantir une impunité permanente. Pire encore : elle conduira à une nouvelle escalade, et non à une paix durable ».
«Un code pour une occupation israélienne permanente»
La coupole craint également que les erreurs des accords d’Oslo ne se répètent, « où le contrôle sécuritaire ’temporaire’ d’Israël sur certaines parties du territoire palestinien s’avère être un code pour une occupation israélienne permanente ».
De plus, le plan ne dit rien sur la Cisjordanie, le Liban ou le sud de la Syrie. Ces régions sont le théâtre d’occupations et de violences, selon 11.11.11. « Tant que cette situation perdurera, il ne pourra être question d’une paix véritable ».
Le plan est également bancal car il suscite des réactions mitigées au sein du gouvernement israélien – les ministres d’extrême droite le rejettent d’emblée – et Netanyahu l’interprète différemment de Trump, selon 11.11.11. « Ce plan semble avoir été rédigé principalement dans le but de contraindre le Hamas à le rejeter, afin de donner ensuite officiellement le feu vert à Israël pour achever le génocide à Gaza. Et même dans le cas improbable où le Hamas accepterait ce plan dans sa forme actuelle, rien ne garantit qu’Israël ne reprendra pas le génocide après la libération des otages ».
« Ce plan dangereux n’offre pas de solution durable. Il ne prévoit pas de retrait complet, pas de garanties réelles, pas de fin à l’occupation, pas de perspective de création d’un État palestinien. Netanyahu a explicitement répété à la Maison Blanche qu’il n’y aurait jamais d’État palestinien, Trump semblait trouver cela tout à fait normal », résume encore Els Hertogen. « Une paix durable ne peut être instaurée qu’à travers un plan crédible, contraignant et équitable qui respecte le droit international, protège les droits des Palestiniens et des Israéliens, et qui soit soutenu par une acceptation mutuelle et des garanties en matière de droits humains fondamentaux, et non par une politique de puissance imposée d’en haut ».

















