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Les sanctions économiques impactent-elles réellement la Russie ? La réponse de ces experts ne va pas réjouir les Européens

par RTL info avec Corentin Simon et Guillaume Wils
Alors que le conflit en Ukraine s’éternise, la situation économique de la Russie soulève des interrogations. L’économie de guerre mise en place par Moscou semble atteindre ses limites.

La guerre en Ukraine, entrée dans sa quatrième année, représente une charge financière colossale pour la Russie. Chaque jour, selon les estimations, le conflit coûte environ 500 millions d’euros à Moscou. Un montant colossal représentant entre 6 et 8 % du produit intérieur brut (PIB) russe.

Pour faire face à ces dépenses, la Russie a été contrainte d’agir sur plusieurs leviers fiscaux. L’une des mesures les plus notables est l’augmentation de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), qui passera de 20 à 22 % dès le début de l’année prochaine. Un choix qui impactera directement les citoyens et reflète les tensions financières croissantes auxquelles le pays se heurte. En parallèle, l’impôt sur les sociétés a également été relevé, mettant une pression supplémentaire sur les entreprises déjà confrontées à un contexte économique tendu.

Depuis la fin de l’année 2024, l’économie russe montre des signes de ralentissement. La mobilisation de milliers de travailleurs pour rejoindre les fronts de combat a exacerbé une pénurie de main-d’œuvre, limitant le fonctionnement de certains secteurs clés, explique Bertrand Candelon, professeur de finances internationales à l’UCLouvain. Ce déficit de personnel s’ajoute à d’autres facteurs, comme une inflation qui atteint les 8 %, compliquant davantage le quotidien des ménages et ralentissant l’activité économique générale. « Depuis un an, depuis la fin 2024, l’économie ralentit. Je ne pense pas qu’ils (les Russes, ndlr) vont s’effondrer. On s’attendait à ce qu’ils s’effondrent, mais après quatre ans, non. Mais ça va être de plus en plus difficile. »

L’interdiction du pétrole russe sur les marchés européens, entre autres mesures, a provoqué de réels défis pour l’économie du pays. Cependant, Vladimir Poutine a su réorienter une partie des exportations énergétiques vers des marchés stratégiques, comme la Chine et l’Inde, réduisant l’impact global des restrictions européennes. « Les sanctions font des dégâts, mais rien qui puisse affecter les décisions de Poutine », estime Dmitry Nekrasov, économiste au centre d’analyse et stratégies en Europe. «Ils peuvent continuer la guerre autant qu’ils le veulent, ça peut durer des décenies, ce n’est pas un problème», estime l’ancien bureaucrate russe.

Malgré une résilience apparente, les experts avertissent des risques pour le développement économique russe à long terme. En concentrant ses ressources sur l’effort de guerre, la Russie néglige d’autres secteurs, notamment celui des nouvelles technologies. Ce déséquilibre pourrait rendre certains produits obsolètes et miner la compétitivité du pays, même après la fin des combats.

En somme, l’économie russe traverse une période difficile, mais parvient encore à tenir. Si un effondrement immédiat semble peu probable, les tensions financières et les sacrifices imposés à la population pourraient s’accentuer si le conflit venait à se prolonger.

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