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Des foules de Syriens ont célébré ce dimanche la chute de Bachar al-Assad, renversé par une offensive fulgurante de groupes rebelles menés par des islamistes radicaux, qui plonge le pays dans l'incertitude après un demi-siècle de règne du clan Assad.
A Damas, une salle de réception du palais présidentiel a été incendiée, tandis que des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants ont pénétré dans la résidence fastueuse du président déchu, qui venait d'être prise par les rebelles et pillée dans un quartier huppé de la ville.
Dans le centre de Damas, des Syriens ont renversé et piétiné une statue du père de Bachar al-Assad, Hafez, qui a dirigé le pays depuis 1971 jusqu'à sa mort en 2000. Le Kremlin, son principal allié, a annoncé que Bachar al-Assad avait quitté la Syrie.
A travers le pays, d'autres manifestants ont déboulonné les statues d'Assad père et fils, comme à Hama, dans le centre, à Alep, dans le nord, ou à Deraa, dans le sud. Sur la place des Omeyyades à Damas, les tirs d'armes à feu en signe de joie se mêlaient aux cris "d'Allah Akbar" ("Dieu est le plus grand").
Pour de nombreux Syriens vivant à l'étranger, l'heure est désormais au retour. Suite à la fuite de Bachar al-Assad aujourd'hui, le pays semble se tourner vers une nouvelle page de son histoire.
"Je n'ai jamais connu une telle joie. Mes frères sont emprisonnés avec mes amis et mes proches. En ce moment, j'attends qu'ils soient libérés et puissent revenir en paix, pour que la joie soit totale", explique Mohammad Najm, un Syrien vivant en Allemagne depuis neuf ans.
Au poste-frontière de Jaber, situé entre la Jordanie et la Syrie, des Syriens vivant en Jordanie attendent de pouvoir rentrer chez eux. Samedi, la Jordanie a exhorté ses citoyens à quitter la Syrie voisine "dès que possible", tout comme la Russie, alliée d'Assad, et les États-Unis, qui maintiennent tous deux des troupes en Syrie.