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Les Iraniens de Belgique rongés par l’inquiétude : « Je ne sais pas si ma sœur, mon frère ou mes neveux sont en vie »

Par RTL info avec Chantal Monet, Mathieu Langer, Pascal Noriega et David Müller
Une onde de choc traverse la communauté iranienne en Belgique alors que des récits glaçants concernant la répression en Iran continuent de filtrer. Le régime iranien, accusé de répondre par la violence aux manifestations contre son autorité, suscite une inquiétude croissante. Sans nouvelles de leurs proches restés sur place, les Iraniens de Belgique sont plongés dans une attente insupportable.

Les témoignages d’Iraniens en exil en Belgique reflètent une douleur vive. « Je ne sais pas si ma sœur, si mon frère, si mes neveux, ni elles sont en vie, ne sont pas en vie, confie l’un d’entre eux. Aucune nouvelle, vraiment. Huit jours de coupure totale. Ni internet, ni téléphone. » Ces interruptions de communication renforcent l’angoisse : « On ne peut pas couper l’internet éternellement. À un moment donné, ils seront obligés de le remettre. Eux-mêmes, ils en ont besoin. »

Malgré ces contraintes, certains signes émergent : une organisation de cybersécurité a noté une légère reprise de l’activité internet. Les images en provenance d’Iran demeurent rares. Celles d’un supermarché bondé à Téhéran illustrent l’apparente vie quotidienne, mais pour de nombreux observateurs, elles masquent une réalité plus sombre. Les arrestations massives et la terreur visent à étouffer toute contestation.

Jusqu’à 20 000 morts depuis de début des répressions

Le président américain a récemment salué une décision du régime iranien : « Je respecte grandement le fait que toutes les pendaisons prévues qui devaient avoir lieu ont été annulées par les dirigeants de l’Iran. Merci », a écrit Donald Trump. Après avoir menacé d’intervenir depuis des semaines, le président américain a fait marche arrière, sous la pression de l’Arabie saoudite, du Qatar et d’Oman. Cependant, ce geste reste isolé face à un bilan humain terrifiant. Selon le régime, 3 000 arrestations auraient été effectuées. Mais des ONG avancent des chiffres bien plus élevés, évoquant jusqu’à 20 000 personnes détenues et entre 5 000 à 20 000 morts depuis le début des répressions.

La violence prend une dimension absurde lorsque des familles doivent payer pour récupérer les corps de leurs proches, avec des montants exorbitants, selon des témoignages recueillis : « Ils ont obligé de payer un prix pour la balle qui les a tués, dans les 3, 4, 5 000 euros par balle. Un ouvrier qui prend 100 euros, 200 euros de salaire mensuel, c’est immense. » Cette mécanique inhumaine de récupération des victimes choque profondément la communauté iranienne et bien au-delà. « Il y a des personnes qui n’arrivent même pas à récupérer le corps de leur proche ».

Le fils du Shah d’Iran, opposant au régime, appelle au sursaut international

Face à ces dérives, certains opposants, comme le fils du dernier Shah d’Iran, appellent les pays occidentaux à frapper le régime. « Notamment en ciblant les dirigeants des gardiens de la révolution islamique et leurs infrastructures de commandement. Tout comme ces autres tyrannies, la république islamique va tomber. Ce n’est pas une question de si, mais de quand », a-t-il affirmé.

La société civile iranienne, écrasée sous la répression, se sent désespérément abandonnée. Les Iraniens de Belgique appellent à la solidarité et à un soutien accru pour ne pas laisser perdurer impunément les violences et la peur.

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