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« Mon mari est en prison chez lui » : la femme de Jean-Philippe voudrait installer une rampe PMR devant chez eux, mais essuie un refus… pour 10 centimètres

par Lucas Fu et Donatella Ruolo
Jean-Philippe, atteint de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, est en fauteuil roulant. Sa femme, Jaime, se bat depuis un an pour obtenir de la commune de Péruwelz l’installation d’une rampe fixe devant leur domicile, mais le dossier est bloqué à cause d’une règle stricte.

Pour Jaime, la situation est devenue intenable. Son mari, Jean-Philippe, est atteint de la maladie dégénérative de Charcot-Marie-Tooth depuis la naissance et utilise un fauteuil roulant. Physiquement, elle n’a pas la force suffisante pour le sortir et le rentrer seule. « On en a marre, mon mari est en prison chez lui », confie Jaime, après avoir appuyé sur le bouton orange Alertez-nous.

Pour sortir prendre l’air ou simplement rentrer à la maison, Jean-Philippe est obligé de demander de l’aide à ses voisins. En effet, deux imposantes marches, l’une de 12 centimètres et l’autre de 18 centimètres de haut, lui rendent impossible le passage. Un manque d’autonomie qui pèse lourd sur le quotidien du couple : « Je peux à la limite le sortir mais le rentrer… c’est impossible », déplore-t-elle, insistant sur le besoin urgent d’un aménagement fixe.

10 centimètres qui bloquent tout

La famille a envoyé les plans de la rampe souhaitée à la commune de Péruwelz, qui a analysé la faisabilité du projet ainsi que la demande d’une place de parking PMR. La réponse de la commune est malheureusement défavorable concernant la rampe fixe.

« Il ressort que l’installation d’un dispositif fixe n’est malheureusement pas envisageable », écrit le service.

La raison du blocage est la réglementation sur l’accessibilité des piétons : « Le compte rendu de la police est défavorable, car il est nécessaire de maintenir un espace suffisant pour le passage des piétons, soit 1,50 mètre, conformément à la réglementation en vigueur », indique la commune de Péruwelz.

C’est fort de café

L’installation de la rampe laisserait 1m40 de trottoir, soit un manque de seulement 10 centimètres par rapport à la norme. « Ils exigent 1,50 mètre et pour 10 centimètres, on est coincés. C’est un peu facile. C’est fort de café », s’indigne la femme de Jean-Philippe.

La commune a toutefois suggéré une solution alternative : une rampe amovible qui respecterait les normes d’accessibilité une fois rangée. Elle préconise de demander de l’aide au CPAS pour cet équipement. Mais Jaime rejette cette solution, y voyant une nouvelle contrainte : « Ça veut dire qu’il doit avoir une assistance en permanence pour la mettre en place ? »

La norme PMR : une question de sécurité pour tous

Interrogé sur ces règles strictes d’aménagement, Patrick Charlier, directeur d’UNIA (le centre interfédéral pour l’égalité des chances), rappelle que ces normes sont là pour protéger d’autres usagers.

« C’est justement pour permettre le passage d’autres personnes à mobilité réduite que ces dispositifs sont en place. Si c’est trop étroit, d’autres personnes ne peuvent pas passer. »

Selon Patrick Charlier, ces 10 centimètres peuvent parfois « faire la différence » pour le passage d’autres personnes en fauteuil roulant ou avec une poussette, par exemple.

Néanmoins, le directeur d’UNIA encourage la famille et la commune à chercher des compromis, insistant sur la possibilité de faire appel à des associations spécialisées en mobilité pour une expertise technique.

Si vous êtes confrontés à une situation difficile en termes d’accessibilité pour PMR, vous pouvez contacter la CAWaB, le Collectif Accessibilité Wallonie Bruxelles qui pourrait, au cas par cas, effectuer une expertise afin de trouver une solution pérenne pour tout le monde.

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