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Elio Di Rupo à nouveau ministre-président wallon: "On peut faire rebondir la Wallonie" (vidéo)

Elio Di Rupo redevient aujourd'hui, pour la troisième fois de sa carrière le locataire de l'Elysette, surnom donné au siège du gouvernement wallon. A l'âge de 68 ans, il est à nouveau le ministre-président wallon.

Elio Di Rupo redevient donc ministre-président wallon, pour la troisième fois de sa carrière. Il a confié, au micro RTL INFO de Christophe Clément, avoir accepté parce que la "Wallonie a un potentiel formidable": "On vit une époque où le défi climatique, le défi économique, et chez nous, le défi social sont importants, et je pense très modestement et avec humilité qu'avec l'expérience qui est la mienne, je peux, avec une équipe ministérielle dont je suis ravi - elle est vraiment composée de femmes et d'hommes de très grande qualité, avec beaucoup de compétences - qu'avec le soutien du parlement, on peut faire rebondir la Wallonie. L'objectif est que la Wallonie ait une prospérité plus importante pour soulager toutes les personnes qui vivent en Wallonie, et c'est possible. Ça demande du travail, de la connaissance, de l'expérience. Je vais faire en sorte de mettre mon expérience dans la balance, avec l'énergie et le dynamisme de la jeunesse, puisque vous avez vu qu'il y a un grand renouvellement".

Retour sur la biographie d'Elio Di Rupo

Elio Di Rupo est né à Morlanwelz le 18 juillet 1951. Il est le cadet d'une famille d'immigrés italiens de sept enfants arrivés en Belgique. Son père, travailleur dans une mine de charbon, meurt alors qu'Elio Di Rupo n'a qu'un an. Poussé par un enseignant auquel il voue une immense gratitude, le jeune homme fait des études universitaires et décroche - avec grande distinction - une licence en chimie à l'université de Mons.

Chercheur, assistant, il devient en 1985 directeur de recherches et inspecteur général de l'Energie au ministère de la Région wallonne, avant d'intégrer différents cabinets ministériels wallons. En 1982, il est élu conseiller communal à Mons, puis échevin en 1986. Elu l'année suivante député, il quittera ce mandat pour un siège au Parlement européen en 1989.

Il revient sur la scène nationale lors des élections 1991, mais en tant que sénateur cette fois, en recueillant 31.000 voix de préférence. En janvier 1992, il rejoint l'exécutif de la Communauté française et prend en charge l'Education. Il affronte la fin de la grogne enseignante du début des années '90 et lance une série de réformes profondes. En mai 1993, il reçoit en sus la compétence sur l'audiovisuel.

A la suite de la démission de Guy Coëme emporté par le scandale Agusta, il entre en 1994 au gouvernement fédéral et devient vice-Premier ministre et ministre des Communications et des Entreprises publiques.

En 1996, il traverse l'une des périodes les plus difficiles de son existence. Dans le contexte de l'affaire Dutroux, il est accusé par un jeune homosexuel, Olivier Trusgnach, de l'avoir abusé sexuellement alors qu'il était mineur d'âge. Un jugement le blanchit totalement. Marqué par cette affaire qui révèle au grand public son orientation sexuelle, il se fera alors le défenseur régulier de la présomption d'innocence.

Après les élections de 1999, il négocie les accords du gouvernement "Arc-en-ciel" et devient ministre-président wallon. Il quitte toutefois rapidement la fonction lorsqu'il est élu, en octobre de la même année, président du PS lors du premier suffrage universel des membres du parti. En 2005, il redevient ministre-président wallon à la suite de la démission de Jean-Claude Van Cauwenberghe, emporté par les affaires carolorégiennes.

Il cumule alors les fonctions de président du PS et de ministre-président, et reste le bourgmestre empêché de Mons. Réélu très confortablement (89,5%) à la tête du PS en juillet 2007, il cède l'Elysette à Rudy Demotte et redevient bourgmestre à part entière de Mons.

Après les élections du 10 juin 2007, une majorité orange bleue tente de former une coalition de centre-droit. Mais c'est le blocage. La Belgique plonge dans une nouvelle crise institutionnelle. Le PS est appelé à la rescousse.

Le 10 juin 2010, lors d'élections fédérales anticipées, le PS redevient le premier parti en Communauté française, ce qui l'amène à négocier avec les nationalistes flamands de la N-VA, vainqueurs incontestables en Flandre. Plus d'un an de palabres ne permettront pas la conclusion d'un accord avec la N-VA.

Le 21 juillet 2011, socialistes, libéraux, démocrates-chrétiens et écologistes tant du nord que du sud du pays décident alors d'aller de l'avant sous la houlette d'Elio Di Rupo. Ils mettront encore près de six mois pour s'entendre à huit sur une sixième réforme de l'Etat et à six (sans les écologistes) constitueront un gouvernement fédéral, dirigé par M. Di Rupo.

Pour la première fois depuis 1973 et Edmond Leburton, un francophone accède au 16 rue de la Loi. La coalition "tripartite classique" mène une série de réformes et doit procéder à un assainissement budgétaire considérable pour éponger les effets de la crise financière. En mai 2014, Elio Di Rupo s'attend à une reconduction de l'attelage: celui-ci a progressé en sièges et a trouvé une majorité du côté flamand. Mais la N-VA est la grande gagnante du scrutin. Le CD&V préfère changer d'alliance.

Sentant le coup venir, Elio Di Rupo précipite une alliance avec le cdH du côté francophone qui envoie le MR dans l'opposition. Ulcérés, les libéraux francophones convoleront seuls dans une coalition avec la N-VA, le CD&V et l'Open Vld . S'ouvre alors une période politique particulièrement tendue. Pour la première fois depuis 1988 ans, le PS siège dans l'opposition à la Chambre.

Elio Di Rupo est reconduit à la tête de son parti mais le front francophone qui avait permis la 6e réforme de l'Etat a volé en éclats et, en interne, Paul Magnette s'affirme de plus en plus comme le futur président du parti. En juillet 2017, le PS vit une nouvelle déconvenue, lorsque le cdH rompt son alliance de 13 ans avec les socialistes et les envoie dans l'opposition en Wallonie.

La première victime en sera toutefois M. Magnette qui perd la ministre-présidence. En octobre 2018, à l'issue des élections communales, Elio Di Rupo doit céder le maïorat de sa chère ville de Mons au premier de sa liste, Nicolas Martin.

En mai 2019, les socialistes connaissent le même ressac que les deux autres familles politiques traditionnelles et enregistrent le plus mauvais score électoral de leur histoire. Ils demeurent toutefois le premier parti francophone. Elio Di Rupo mène les négociations qui aboutiront en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles à un gouvernement arc-en-ciel, comme en 1999.

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