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Une entreprise souhaite munir ses salariés d'un boitier anti-rapprochement physique

Les travailleurs français d'un groupe suédois obligés de porter un collier anti-Covid: il sonne si la distanciation n'est pas respectée
© Image d'illustration - Pixabay
 
CORONAVIRUS
 

"C'est complètement anxiogène, ça infantilise les salariés": le groupe suédois Essity souhaite équiper ses salariés français d'un boîtier qui sonnerait en cas de rapprochement physique trop important, une initiative qui indigne la CFDT, syndicat numéro un dans l'entreprise.

Selon le projet qui a été présenté aux salariés, il s'agit d'un collier qui émettrait un son de 85 dB dès lors que la distanciation sociale n'est plus respectée. Ce n'est pas le volume sonore des 85 dB qui inquiète mais surtout le collier dont les salariés ne veulent pas. "On n'a pas le droit aux bijoux donc on ne va pas prendre ça. On n'est pas des chiens. On nous met pas un collier", s'exclame une travailleuse au micro de Frédéric Veille sur Bel RTL. 

C'est "un système comparable à celui qui dissuade les chiens d'aboyer", dénonce le syndicat dans un communiqué en début de semaine. D'après la CFDT, ces "colliers émettraient un son de 85 décibels dès que la distanciation sociale ne serait plus respectée". "L'idée, c'est de discipliner les salariés et de les rappeler à l'ordre", dénonce Christine Duguet, déléguée syndicale CFDT. Pourtant "il n'y a eu aucune contamination entre les salariés" chez Essity, indique-t-elle. "Il y a la procédure des agences régionales de santé, tous les cas sont déclarés, les gens sont placés à l'isolement..." pour prévenir tout risque, énumère Mme Duguet.

Ce dispositif ne comporte pas de système de géolocalisation

La direction du groupe, qui produit sous diverses marques serviettes et mouchoirs en papier, serviettes hygiéniques, couches ou cotons démaquillants et compte 2.500 salariés en France, se défend en invoquant son souhait de "renforcer la sécurité des collaborateurs".

"Ce dispositif ne comporte pas de système de géolocalisation et n'est pas relié à des informations personnelles", précise la firme. Elle indique en outre qu'il sera inactif dans les sanitaires, au restaurant d'entreprise ou encore à l'infirmerie.

"Avec ce système, le référent Covid du site aurait la possibilité d'alerter des cas contacts potentiels de manière plus rapide et exhaustive", avance Essity. Une avancée que conteste Christine Duguet, "étant donné qu'on nous dit que les boîtiers ne sont pas nominatifs".

"Nous on pense que derrière, après le Covid, on pourrait continuer à utiliser ce système pour la sécurité, on craint que ça finisse mal", s'inquiète Mme Duguet, qui décrit des salariés déjà fatigués par la crise sanitaire et outrés par cette nouvelle mesure.

Essity explique que "les modalités de fonctionnement seraient à déterminer avec les instances représentatives du personnel" et assure que "des discussions sont en cours pour la mise en place de ce dispositif dans plusieurs sites européens du groupe". Un comité social et économique (CSE) doit se réunir la semaine prochaine lors duquel la direction doit préciser son projet, selon la CFDT.

 




 

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