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Il est l’un des policiers les plus connus de Belgique. Bertrand Caroy, visage familier des routes belges depuis près de 30 ans, a décidé de franchir les frontières pour comprendre comment ses collègues exercent leur métier ailleurs dans le monde. Cette fois, c’est au Mexique, et plus précisément à Acapulco, qu’il pose ses valises. Une ville qui, derrière ses paysages de carte postale, est devenue l’un des épicentres de la criminalité mondiale.
Un terrain miné entre narcotrafic, pauvreté et violence extrême
Autrefois symbole du glamour et du tourisme, Acapulco est aujourd’hui submergée par la violence liée aux cartels de la drogue. Plus de 1.800 meurtres y sont recensés chaque année, dans un pays qui a connu un record en 2023 avec plus de 42.000 homicides. Depuis 2006, le crime organisé aurait fait plus de 450.000 morts et 100.000 disparus au Mexique.
Pour tenter de reprendre le contrôle, la ville s’appuie sur une police municipale fragmentée en cinq unités : police rurale, urbaine, routière, touristique et une dédiée aux questions de genre. En soutien, un impressionnant réseau de 260.000 caméras de surveillance couvre l’ensemble du territoire. Malgré cette mobilisation, les forces de l’ordre sont constamment sur la brèche.
Bertrand Caroy au cœur d’une fusillade
À peine arrivé, Bertrand Caroy est plongé dans la réalité brutale du terrain. Une fusillade vient d’être signalée, et il part immédiatement en intervention avec les policiers mexicains. « Lorsque nous sommes sur le trajet, je comprends qu’il y a eu une fusillade, il y a des personnes en danger. On ne sait pas si les auteurs sont encore sur place. On sent que les collègues sont tendus. Ils klaxonnent, ils crient sur les conducteurs… Il y a quand même une certaine tension. Si la personne nous voit arriver, elle risque de tirer. Il y a une certaine adrénaline qui est présente », raconte-t-il.
Sur place, une femme a été tuée dans son propre magasin. La scène, digne d’une série policière, laisse le policier belge sous le choc : « Dès que je vais derrière le comptoir, je découvre une dame allongée au sol. Elle avait reçu une balle en pleine tête. On se pose des questions : est-ce qu’elle n’a pas payé le cartel ? Est-ce qu’elle devait de l’argent ? »
Nouvelle scène de crime : des corps décapités, signature du cartel
À peine le périmètre sécurisé et les premiers indices relevés, une autre alerte tombe. Cette fois, direction un quartier plus isolé de la ville. La scène est d’une violence inouïe : deux corps découpés, les têtes posées côte à côte. Un message macabre, selon Bertrand Caroy : « C’est vraiment le signe d’un règlement de compte du cartel. On sent qu’il y a un message derrière ce crime. En Belgique, on n’a pas l’habitude de ce genre de scènes. J’espère sincèrement qu’on n’en arrivera jamais là. »
La lutte contre le narcotrafic est un combat de chaque instant au Mexique. On estime que plus de 300 cartels sont actifs sur le territoire, dont cinq principaux qui contrôlent à eux seuls près de 80 % du trafic. À Acapulco, véritable plaque tournante pour la cocaïne et le fentanyl, environ 60 % des homicides sont liés à ces groupes criminels. Leur emprise génère chaque année quelque 20 milliards de dollars de profits, alimentant la corruption et l’instabilité.
Malgré les efforts déployés par l’État, la violence continue de faire rage. Pour les policiers, chaque patrouille est un saut dans l’inconnu.
L’immersion de Bertrand Caroy au Mexique est à découvrir ce mercredi 29 octobre à 20h30 sur RTL tvi et en streaming sur RTL play.


















