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L’incroyable but de Bolat, le titre en 2008 et... le staff : les folles anecdotes du speaker du Standard avant le clasico

par Anne Ruwet
Jacques Massart a tout connu à Sclessin. Le speaker officiel des Rouches revient pour nous sur son incroyable parcours, lui qui est au coeur de l’ambiance en permanence. Le tout quelques heures avant le clasico.

C’est en 2002 que Jacques Massart agrippe pour la première fois le micro pour ne plus jamais le lâcher. Galvaniser les supporters des Rouches, telle est sa mission. Cette 24ème saison en appelle d’autres mais à une seule condition : conserver l’émotion, celle qui fait dresser les poils sur les bras.

Démarrer comme speaker francophone des Diables , c’est l’assurance de faire ses gammes, un premier saut dans le grand bain. Mais c’est surtout l’opportunité de croiser sur son chemin, Christian Theus, celui qui va alors lui transmettre une proposition que l’on n’oublie jamais : être speaker du Standard. Depuis gamin, Jacques côtoie Sclessin. Comment refuser alors d’y jouer un rôle majeur? Qui plus est, lorsque ton employeur de l’époque (Radio Contact) devient partenaire officiel du club.

Les astres semblent alignés, la voie toute tracée. « Ma première à Sclessin ? Je l’ai vécue sans le moindre stress. C’est une adrénaline positive qui se renouvèle de match en match. » nous confie Jacques Massart. Car le stress qui peut parfois l’envahir n’est pas lié à sa propre personne mais plutôt à la bonne tenue du match. Que celui-ci aille à son terme, sans grabuge, débordement ou autre jet de gobelets, c’est ainsi qu’il conçoit le scénario idéal d’une rencontre.

«Le plus marquant ? Le premier titre»

S’adresser aux supporters, faire face aux tribunes puis entendre ce décompte qu’il a lui-même instauré, c’est une sorte de rituel immuable. Ajoutez-y une musique récurrente, sorte de repère auditif et c’est là que les fidèles se disent alors : « allez, on y est ! ».

Des matches, il en a connu mais certains pics émotionnels remontent directement à la surface lorsqu’il s’agit de faire un tri dans ses nombreux souvenirs. « Le plus marquant ? Le premier titre face à Anderlecht, évidemment ! » lâche d’emblée, Jacques. « Ensuite, je dirais le but de la tête de Sinan Bolat mais également le but de Laurent Ciman, contre Anderlecht, à l’occasion de son dernier match. Quel souvenir ! ».

A la question de savoir si certaines choses sont prévues à l’avance, c’est avec le sourire que Jacques nous confie fonctionner à l’instinct, comme s’il rentrait dans une sorte de transe, une bulle qui le fait citer combien de fois les noms de joueurs ? « Oh, je pensais que je n’avais crié que 5,6 fois le nom de Sinan Bolat. » plaisante Jacques. Mais non, la résonnance était bien plus forte et multiple, rendant ce moment encore plus marquant.

D’ailleurs, pour que le partenaire téléphonique du club décide d’en faire une sonnerie, c’est bien la preuve que cet instant méritait de multiples vies, pour ne jamais s’en lasser.

«Le coeur bat plus vite»

Être speaker dans un club de cette ampleur, c’est s’assurer de côtoyer du gratin dans le monde du football. Pour Jacques, certains d’entre eux sont fascinants et laissent des traces dans sa mémoire.

« Certains membres du staff, même un coach mental, m’ont confié qu’il savait, dès l’avant-match, s’ils allaient gagner ou non. » explique Jacques. « Pas uniquement en raison de l’état de forme des joueurs mais également selon l’ambiance et l’effervescence ressenties des tribunes jusqu’au terrain ».

Le fameux pouvoir des supporters, ce douzième homme qui peut orienter l’issue d’une rencontre. Mais comment qualifier les fans « rouches » qu’il connait si bien pour les fréquenter au stade mais également lors de multiples soupers de clubs de supporters. Une citation lui vient alors en tête : « Je ne suis jamais que le chef d’orchestre…mais j’ai la chance d’avoir un philharmonique lorsque d’autres ont une fanfare. »

Une façon de considérer qu’être speaker des fans du Standard c’est du luxe. Un argument renforcé lors de visites dans d’autres clubs. Non, à Sclessin, ce n’est pas pareil. De quoi relativiser, modestement, son rôle. « Mes interventions ont le pouvoir d’orienter les supporters mais c’est leur ferveur et leur passion qui font la différence avant tout. Certains rendez-vous sont évidemment plus grisants comme lors de la réception d’Anderlecht ou de Charleroi. Déjà en prenant la route, le cœur bat plus vite. Plus on se rapproche du chaudron et plus on sent la chaleur monter. Tout cela est très excitant ! ».

Cette montée d’adrénaline, nul doute qu’elle sera ressentie par tout le peuple rouge et blanc sur le coup de 13h30 ce dimanche, avec l’accueil des Anderlechtois. Mais sur la feuille de match, ne cherchez pas un nom qui, selon lui, va cristalliser l’attention comme à l’époque des Silvio Proto, Bertrand Crasson ou Steven Defour. « A l’heure actuelle, il n’y a pas forcément de joueur adverse capable de canaliser l’attention sur sa propre personne. Cela fait partie de l’évolution du football… Mais ce n’est pas plus mal. Cela offre aux supporters la possibilité de se concentrer uniquement et positivement sur leur équipe et leur propre joueur. »

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