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Les jeunes Belges continuent d’investir dans la pierre, mais le chemin vers la propriété est semé d’embûches. Selon les chiffres récents, 29 % des appartements et 30 % des maisons achetés cette année l’ont été par des jeunes âgés de 18 à 30 ans. Des proportions similaires à celles observées les années précédentes, mais qui ne traduisent pas la complexité grandissante du marché.
« Accéder à l’immobilier devient compliqué, surtout quand vous êtes jeune », confirme Jean Martroye, notaire et invité du RTL info 13h. « En général, on achète avec l’aide de la banque. Les établissements exigent de plus en plus de fonds propres, ce qui est difficile à constituer lorsqu’on débute dans la vie active. »
Le soutien des parents
Face à ces obstacles, l’aide parentale est souvent déterminante. Le soutien peut prendre plusieurs formes : « Le moyen classique, c’est une donation d’argent pour financer une partie du prix d’achat, payer des taxes ou effectuer des travaux », détaille le notaire.
Deux options existent :
- Don manuel (versement direct sur le compte de l’enfant), qui reste non taxé sauf en cas de décès dans les 3 à 5 ans suivant la donation. « S’il vous arrive quelque chose dans ce laps de temps, vos enfants paieront des droits de succession dessus. Ce sera beaucoup plus élevé », explique notre invité.
- Donation notariée, soumise à un droit fixe de 3 % à Bruxelles et 3,3 % en Wallonie, mais définitive sur le plan fiscal.
« C’est un choix à faire mais rien n’est illégal », dit encore l’invité.
Des alternatives fiscales et successorales encadrées
Autre méthode évoquée : acheter en démembrement, avec l’usufruit pour les parents et la nue-propriété pour les enfants. Ce montage permet d’anticiper une succession, mais ne donne pas accès à certains avantages fiscaux, comme l’abattement sur les droits d’enregistrement à Bruxelles, faute de domiciliation des parents, précise encore l’expert.
Il n’y a aucune obligation de donner exactement la même chose à tous les enfants
Autre piste : la garantie parentale sur un prêt. Une solution risquée selon Jean Martroye : « Si les enfants ne remboursent pas, la banque peut saisir le bien immobilier des parents mis en garantie. Il faut être très prudent. »
Équité entre enfants : que dit la loi ?
Qu’en est-il de la question de l’équilibre entre enfants : « Il n’y a aucune obligation de donner exactement la même chose à tous les enfants de votre vivant », rappelle le notaire. Mais au moment de la succession, la loi impose un rééquilibrage. Si un enfant a déjà reçu davantage, cela sera compensé.
Pour éviter les conflits, le pacte successoral permet d’acter officiellement les intentions et les accords familiaux. « On ne peut pas toujours garantir une égalité mathématique, mais on peut viser une certaine équité. Et pour cela, mieux vaut en discuter avec son notaire », conseille encore Jean Martroye.


















