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Envie d’aider vos enfants à investir dans l’immobilier ? « Il y a deux options », mais prudence, l’alternative gratuite peut parfois coûter plus cher

par RTL info
En 2025, près de 30 % des achats immobiliers en Belgique sont réalisés par des jeunes de 18 à 30 ans. Des chiffres stables, mais qui masquent des difficultés croissantes, entre hausse des prix, exigences bancaires et nécessité d’un soutien familial. Le notaire Jean Martroye évoque toutes les possibilités sur le plateau du RTL info 13h.

Les jeunes Belges continuent d’investir dans la pierre, mais le chemin vers la propriété est semé d’embûches. Selon les chiffres récents, 29 % des appartements et 30 % des maisons achetés cette année l’ont été par des jeunes âgés de 18 à 30 ans. Des proportions similaires à celles observées les années précédentes, mais qui ne traduisent pas la complexité grandissante du marché.

« Accéder à l’immobilier devient compliqué, surtout quand vous êtes jeune », confirme Jean Martroye, notaire et invité du RTL info 13h. « En général, on achète avec l’aide de la banque. Les établissements exigent de plus en plus de fonds propres, ce qui est difficile à constituer lorsqu’on débute dans la vie active. »

Le soutien des parents

Face à ces obstacles, l’aide parentale est souvent déterminante. Le soutien peut prendre plusieurs formes : « Le moyen classique, c’est une donation d’argent pour financer une partie du prix d’achat, payer des taxes ou effectuer des travaux », détaille le notaire.

Deux options existent :

  • Don manuel (versement direct sur le compte de l’enfant), qui reste non taxé sauf en cas de décès dans les 3 à 5 ans suivant la donation. « S’il vous arrive quelque chose dans ce laps de temps, vos enfants paieront des droits de succession dessus. Ce sera beaucoup plus élevé », explique notre invité.
  • Donation notariée, soumise à un droit fixe de 3 % à Bruxelles et 3,3 % en Wallonie, mais définitive sur le plan fiscal.

« C’est un choix à faire mais rien n’est illégal », dit encore l’invité.

Des alternatives fiscales et successorales encadrées

Autre méthode évoquée : acheter en démembrement, avec l’usufruit pour les parents et la nue-propriété pour les enfants. Ce montage permet d’anticiper une succession, mais ne donne pas accès à certains avantages fiscaux, comme l’abattement sur les droits d’enregistrement à Bruxelles, faute de domiciliation des parents, précise encore l’expert.

Il n’y a aucune obligation de donner exactement la même chose à tous les enfants
Jean Martroye, Notaire

Autre piste : la garantie parentale sur un prêt. Une solution risquée selon Jean Martroye : « Si les enfants ne remboursent pas, la banque peut saisir le bien immobilier des parents mis en garantie. Il faut être très prudent. »

Équité entre enfants : que dit la loi ?

Qu’en est-il de la question de l’équilibre entre enfants : « Il n’y a aucune obligation de donner exactement la même chose à tous les enfants de votre vivant », rappelle le notaire. Mais au moment de la succession, la loi impose un rééquilibrage. Si un enfant a déjà reçu davantage, cela sera compensé.

Pour éviter les conflits, le pacte successoral permet d’acter officiellement les intentions et les accords familiaux. « On ne peut pas toujours garantir une égalité mathématique, mais on peut viser une certaine équité. Et pour cela, mieux vaut en discuter avec son notaire », conseille encore Jean Martroye.

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