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Le dossier Grégory Lenoci, un habitant de Jambes ayant tabassé son voisin qu’il suspectait de faits de pédophilie sur son beau-fils de six ans, met en lumière certains dysfonctionnements de la justice. Récemment, le parquet général de Liège a mandaté une perquisition au sein du bureau du magistrat en charge du dossier pour le parquet de Namur. Une enquête pour non-assistance à personne en danger a été ouverte à son encontre.
Comment en sommes-nous arrivés là ? Nos confrères de Sudinfo ont posé la question à l’avocat de Grégory Lenoci. Me Etienne Gras épingle différents soucis.
Pour rappel, Marc P. a été condamné à une peine de prison en 2020 pour tentative de viol avec violence sur un enfant. Parmi les conditions à respecter, il y avait celle de ne plus approcher d’enfants. Mais l’homme avait pourtant aménagé son garage avec différents jeux. Luc, un père de famille, a déposé plainte le 29 juin pour abus sexuel sur sa fille. Il s’attendait à une arrestation rapide du suspect, mais Marc P. n’est pas interpellé. Le 22 juillet, Grégory Lenoci va aussi déposer plainte à la police contre lui. Deux jours plus tard, estimant que la police ne réagissait pas assez vite, Lenoci a tabassé son voisin.
Mais comment le suspect n’a-t-il pas été entendu, ni arrêté avant les faits du 24 juillet ? « Je peux vous assurer que les policiers ont fait correctement leur travail. Car en plus de transférer les différents PV et les plaintes des deux papas, ils ont appelé plusieurs fois le parquet de Namur et envoyé des mails pour alerter », précise Me Gras, l’avocat de Grégory Lenoci, à Sudinfo.
Selon lui, le 23 juillet, le lendemain de sa plainte, Lenoci a appelé sa psychiatre pour lui révéler son intention de passer à l’acte. La psychiatre a transmis cette info au parquet. D’après Sudinfo, le lendemain, des policiers se sont rendus chez Lenoci. « Les policiers le découvrent alors en pleurs. Le même jour, ils préviennent encore le parquet de Namur. Un peu plus tard, il y a bien un procès-verbal indiquant que le parquet ordonnait l’arrestation de Marc dans la journée du 24 », confie Me Gras. Mais Lenoci est allé le tabasser quelques heures avant l’arrivée de la police.



















