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Il s’appelle Luc. Sa fille de 7 ans allait jouer dans le garage aménagé en plaine de jeux par Marc P. Un jour, il constate que son enfant a des gestes qui révèlent une proximité physique anormale avec son voisin. Lorsqu’il demande des explications, elle lui précise que l’homme lui a dit que c’était leur petit secret. Il comprend tout de suite la gravité de la situation et la fillette finit par se livrer.
« L’enfant m’a expliqué qu’il y avait eu des attouchements. Il détournait son attention en lui donnant son téléphone pour l’occuper. Il la faisait s’asseoir à califourchon sur lui. Il en profitait pendant ce temps-là pour glisser un peu ses mains dans sa culotte. Ça lui est déjà arrivé de sortir son sexe et de venir se frotter derrière l’enfant », raconte-t-il.
Le père de famille dépose plainte le 29 juin. Il s’attend à une arrestation rapide du suspect, déjà condamné pour des faits de pédophilie. Mais Marc P n’est pas interpellé. Il continue de côtoyer des enfants. « Après mon dépôt de plainte et la déposition de mon enfant, je pensais que dans les 24-48 heures, on serait venu le chercher. Ce qui me semble logique puisque c’est quand même des attouchements sur mineurs. Les jours passent, personne ne vient. Je décide de recontacter l’inspecteur en charge du dossier pour lui demander ce qu’il en était. Et de lui signaler qu’il y avait toujours des enfants qui continuaient à aller chez lui. L’inspecteur me répond que l’enquête a été transmise au parquet », assure Luc.
Et malgré une deuxième plainte déposée par Grégory Lenoci pour des faits présumés sur son beau-fils, rien ne bouge jusqu’au 24 juillet, un mois plus tard, lorsque celui-ci s’en prend physiquement à Marc P.
La semaine dernière, le parquet général de Liège a perquisitionné le bureau du magistrat qui a géré le traitement des plaintes concernant les agressions sexuelles présumées.
Pour la défense de Grégory Lenoci, cela confirme leurs doutes concernant de possibles dysfonctionnements. « On a de nombreux doutes, on a toujours des questions qui se posent. Et encore ici, je veux dire, c’est quelque chose qui n’est pas habituel que le parquet général vienne en perquisition au parquet de Namur pour contrôler le travail d’un magistrat », souligne Mevlut Turk, avocat.
On nous demande de nous taire alors que rien n’est entrepris pour le stopper
Quant à Luc, il veut comprendre pourquoi la justice n’a pas réagi. « Ce n’est pas des manquements anodins, c’est quand même des manquements graves qui ont des conséquences assez lourdes. Il y a un prédateur qui est là et que, malgré tout ce qu’on dit, toutes les alertes qu’on donne, il y a des enfants qui continuent à venir jouer, qu’on nous demande de nous taire, de ne rien dire et que rien n’est entrepris pour le stopper. Forcément, il y a de la rage qui monte ».
Depuis sa plainte, Luc n’a eu aucune nouvelle, ni de la police, ni de la justice. Quant à Marc P, toujours dans le coma, son état de santé reste extrêmement préoccupant.

















