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Du nouveau dans l’affaire Grégory Lenoci : le passage à tabac aurait-il pu être évité ?

par RTL info avec Benjamin Samyn et Denis Caudron
En juillet dernier, Grégory Lenoci se filmait en train de tabasser son voisin. Il le suspectait d’avoir abusé sexuellement de son beau-fils. Avant ce passage à tabac, le père de famille avait déposé plainte contre ce voisin. Mais aujourd’hui, on apprend que cette plainte a tardé à arriver sur le bureau d’un juge d’instruction. La chaîne judiciaire a-t-elle connu une défaillance ? Aurait-on pu éviter le passage à tabac ?

C’est dans son garage qu’il avait aménagé en pleine de jeux à Jambes que cet homme, Marc P, recevait des jeunes du quartier. Il avait pourtant été condamné en 2020 à 37 mois de prison avec sursis pour des faits d’agression sexuelle sur un garçon de 5 ans.

L’une de ses conditions de libération était de ne pas fréquenter des mineurs. Un grand-père, qui a déposé plainte en juin pour des faits d’agression présumés sur sa petite-fille, avait pourtant expliqué la situation à la police. « Tout le monde était là et rentrait dans son garage et ressortait. Il achetait des trucs sur internet, des petits jouets à un euro, des machins qu’il donnait aux gosses et des trucs comme ça, oui, pour les attirer. Parce que les gosses, ils l’adorent », témoigne-t-il.

Ensuite, c’est Grégory Lenoci qui signale à la police des faits présumés commis sur son beau-fils. Mais Marc P n’est pas inquiété. « J’ai tiré la sonnette d’alarme maintes fois. J’ai pleuré, j’ai supplié. On n’a rien fait », a-t-il assuré.

Selon nos informations, ces plaintes, déposées pour de possibles nouvelles agressions sexuelles, n’ont été mises à l’instruction par le parquet qu’après l’agression physique extrêmement violente du père de famille à l’encontre de l’homme, déjà condamné pour des faits de pédophilie.

C’est la procédure qui normalement doit être utilisée
Fabian Lauvaux, avocat pénaliste

La désignation d’un juge d’instruction aurait pu permettre une avancée de l’enquête plus rapide et plus efficace. « Mettre à l’instruction, c’est aussi se garantir le fait qu’un juge d’instruction va immédiatement investiguer, voir s’il existe des indices de culpabilité et s’il y en a, de décerner mandat d’arrêt et de mettre cette personne à l’abri de tout risque pour la société. C’est la procédure qui normalement doit être utilisée », indique Fabian Lauvaux, avocat pénaliste au barreau de Charleroi.

Mais cela n’a pas été fait et Marc P n’a pas été arrêté. Il y a trois mois, Grégory Lenoci nous avait répondu depuis sa cellule de prison. Il dénonçait déjà l’absence de réaction de la justice suite aux dernières plaintes. « Je vais à la brigade des mœurs, je fais des choses dans les règles de l’art. Le lendemain, j’y retourne avec mon fils. On attend quoi pour le mettre en prison ? Ma place n’est pas ici aujourd’hui, je ne me retrouverais pas ici si la justice avait fait ce qu’elle devait faire », estime le père de famille.

Quelles réactions judiciaires ?

Dans tous les cas, les nouvelles plaintes concernant Marc P, libéré sous condition, auraient pu amener une réaction forte des autorités judiciaires. « Soit demander la révocation devant un tribunal correctionnel, soit une arrestation provisoire si ça relève du TAP, ou alors immédiatement saisir un juge d’instruction », énumère l’avocat pénaliste.

Contacté, l’avocat de Grégory Lenoci nous indique ne pas vouloir faire de commentaires car l’enquête est toujours en cours.

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