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La SNCB et le Tec attaquent en force : 5 jours de grève dès ce lundi

Par RTL info avec Belga
Les syndicats du rail lancent cinq jours de grève pour dénoncer la détérioration du service public et s’opposer à l’avant-projet de loi réformant les chemins de fer. Le Tec sera lui aussi perturbé.

Cinq syndicats du rail se sont rassemblés pour autant de jours de grèves, du 26 au 30 janvier. Les trains seront même à l’arrêt dès dimanche 22h00, jusqu’à vendredi prochain, même heure. Les représentants des cheminots dénoncent la détérioration du service public et s’opposent à l’avant-projet de loi réformant les chemins de fer. Les transports en commun wallons (Tec) seront également fortement perturbés cette semaine en raison d’actions de grève menées en front commun.

Le premier point qui inquiète les cinq syndicats du rail (CGSP Cheminots, CSC Transcom, SLFP Cheminots, Syndicat indépendant pour Cheminots – SIC, et le Syndicat autonome des conducteurs de trains – SACT) est la fin du recrutement statutaire. L’avant-projet du ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, prévoit de généraliser la contractualisation à partir du 1er juin.

« Nous nous opposons à cette vision : le statut est la garantie d’un service public de qualité, pour les travailleurs comme pour les passagers », clamaient les organisations syndicales dans un communiqué envoyé début janvier.

Objectif : 30 % de voyageurs en plus

À cela, s’ajoutent des « objectifs contradictoires » dans le chef des autorités qui souhaitent, d’ici 2032, augmenter de 10 % l’offre de trains et attirer 30 % de voyageurs en plus, tout en réalisant 675 millions d’euros d’économies. « On semble tout faire pour mettre la SNCB en difficultés lorsque la libéralisation du rail entrera en vigueur », relève Pierre Lejeune, président de la CGSP Cheminots. « Il n’en va pas que du seul emploi du cheminot. C’est un débat idéologique sur l’avenir du service public », ajoute-t-il.

D’après le responsable syndical, l’offre de service public à laquelle doit se tenir la SNCB aujourd’hui n’est pas tenue, à hauteur de 3 %, en raison des multiples suppressions de trains. « Commençons par stabiliser et améliorer progressivement l’offre actuelle plutôt que vouloir tout chambouler », conseille-t-il.

Le Conseil d’Etat doit se prononcer sur l’avant-projet d’ici la fin du mois. Le vote en plénière à la Chambre est attendu en mars ou en avril.

Pierre Lejeune déplore le silence radio du ministre depuis l’échec des négociations à l’automne dernier. « Nous n’avons pas reçu un seul appel du cabinet depuis le dépôt, fin décembre, du préavis de grève de cinq jours. »

Les syndicats redoutent d’ailleurs une « confiscation du droit de négociation » dont ils jouissent jusqu’ici. Le ministre a indiqué que la règle de la majorité des 2/3 au sein de la commission paritaire nationale serait maintenue, mais son application sera beaucoup plus compliquée, analyse Pierre Lejeune. En effet, en cas de blocage sur un dossier concernant le statut du personnel ou le temps de travail, le cas pourrait être débattu finalement au sein d’un « comité d’escalation » où la direction détiendrait alors 6 sièges contre 3 aux syndicats. « De quoi permettre de modifier les statuts sans concertation sociale. Notre seul outil de contestation resterait le préavis de grève », se résigne le syndicaliste.

Cinq jours de grève

Le front commun syndical élargi attaque donc en force cette année 2026 avec cinq jours de grève. 2025 n’avait déjà pas été complètement serein sur le rail. La SNCB a dénombré 27 jours de grève au total dont 21 jours uniquement à l’initiative des syndicats cheminots. La plus longue paralysie était survenue quelques semaines après la constitution du gouvernement Arizona (N-VA, Vooruit, CD&V, Les Engagés et MR) lorsque la grève avait duré neuf jours, du 22 février au 2 mars, avant huit journées supplémentaires fin mars.

Lors de chaque mouvement de ce type, la SNCB met en place un plan de transport alternatif, basé sur les intentions de grève du personnel. Il en sera de même cette fois. Le planning sera établi 48 heures à l’avance.

En Wallonie, les transports en commun seront particulièrement chahutés la semaine prochaine puisque des actions de grèves seront menées en front commun sur tout le réseau du Tec. Le front commun syndical s’oppose aux mesures d’économie demandées par le gouvernement wallon à l’Opérateur de Transport de Wallonie (OTW), qui chapeaute le Tec, dans le cadre de la révision du Contrat de service public. Les syndicats dénoncent des économies réalisées sur le dos des travailleurs.

La Stib devrait aussi connaître son lot de perturbations, mais de façon plus limitée. Aucun appel à la grève n’est lancé pour les transports en commun bruxellois, mais le syndicat socialiste de l’entreprise a appelé ses militants à soutenir le rassemblement interprofessionnel, initié par la FGTB, lundi à 10h00 à proximité de la gare Centrale à Bruxelles. Jeudi, les responsables de la Stib ne pouvaient encore déterminer l’ampleur des perturbations.

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