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"Je suis aussi légitime qu'un francophone": la ministre Elke Van den Brandt revendique son identité bruxelloise

En cette fin d'année, Elke Van den Brandt a confié son Regard sur l'année 2024. La ministre de la Mobilité à Bruxelles revient sur une année riche en changements, en défis et en réalisations. 

Pour Elke Van den Brandt, l’année 2024 restera avant tout marquée par une absence notable de problèmes de santé, une première pour elle. "J’ai toujours eu beaucoup de problèmes de santé et 2024 était une année sans problème à ce niveau-là. Pour moi, c’est important", confie-t-elle.

Sur le plan personnel, elle qualifie l’année de "bonne", mais sur le plan politique, le constat est plus nuancé : "L’année a été pleine de défis".

L'écologiste aborde le recul des partis de la famille verte au niveau européen, mais salue leur succès à Bruxelles. Elle souligne également la complexité du système électoral belge, assez particulier. "En Belgique, on a deux élections sur un même territoire, ce qui rend les choses hyper complexes". 

Retour sur le plan GoodMove

L’année 2024 a été marquée par des changements importants dans le domaine de la mobilité à Bruxelles, une priorité pour la ministre.

Son coup de cœur professionnel ? "L’inauguration du tram NOhW Neder-Over-Heembeek".

C'était dur d'aller sur le terrain

Elle se souvient de ce moment avec émotion : "Beaucoup de gens n’étaient pas contents ou avaient des appréhensions durant la mise en place du projet. J’avoue que parfois, c’était dur d’aller sur le terrain. Mais au moment de l’inauguration, ça a été une grande fête et un grand soulagement. Le roi est venu et le projet qui était une crainte a finalement été célébré". 

Néanmoins, elle ne cache pas les critiques et les difficultés rencontrées, notamment autour du plan de mobilité GoodMove. "Le but est d’apaiser les quartiers tout en gardant une bonne mobilité. Dans le pentagone, tout s’est bien passé avec une diminution du trafic de transit. Mais dans certains quartiers, les gens contestent et manifestent contre ce projet".

Des chiffres encourageants concernant la sécurité routière

Malgré les polémiques, Elke Van den Brandt se réjouit des progrès réalisés en matière de sécurité routière. "Les statistiques des accidents de la route sont en baisse. Ça veut dire qu’on a sauvé des vies".

Il n'y a pas plus d'embouteillages

Concernant les critiques sur les embouteillages liés à la réduction de la vitesse à Bruxelles, elle répond fermement: "Si on compare les chiffres d’aujourd’hui avec ceux d’il y a cinq ans, on ne voit pas plus d'embouteillages". 

Sa frustration ? La formation du gouvernement

Sur le plan politique, Elke Van den Brandt exprime son mécontentement face à l’incapacité des responsables politiques à former un gouvernement. "Six mois après les élections, on n’a toujours pas réussi à faire ce qu’on doit faire : former un gouvernement", déplore-t-elle.

Avant d'ajouter : "Je trouve ça vraiment problématique, car les gens nous ont accordé leur confiance, c’est notre responsabilité".

La ministre défend son identité bruxelloise

En tant que néerlandophone à Bruxelles, Elke Van den Brandt se heurte parfois à des remarques sur sa légitimité. "Ce qui m’énerve, c’est qu’on me dit souvent : Elke, tu n’es pas une vraie Bruxelloise, rentre chez toi en Flandre, à Anvers. Je suis seulement née à Anvers, mais je n’y ai passé que 3 jours de ma vie. Je suis aussi légitime que les francophones à être Bruxelloise". 

Pour elle, la diversité bruxelloise va bien au-delà des clivages linguistiques. "La diversité bruxelloise n’est pas seulement francophone ou néerlandophone, elle est tellement plus diverse". 

La politique, un métier trop rémunéré ?

Enfin, à la question "gagne-t-on bien sa vie en politique ?", Elke Van den Brandt répond avec franchise : "Je pense qu’on gagne même un peu trop"… 

L'interview en intégralité

 

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