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Le harcèlement sexuel concerne 14% des étudiants à l'UCLouvain: "Il y a des endroits à éviter, surtout quand on rentre tard des cercles"

Pour la première fois en Fédération Wallonie-Bruxelles, une étude dresse un état des lieux des situations de harcèlement et d’agressions sexuelles parmi les étudiants universitaires. Il ressort que 70% des 3.000 participants à l’enquête - étudiants, issus de toutes les facultés à l’UCLouvain - ont déjà été confrontés à un acte sexiste.

Remarques sexistes, regards déplaisants, tentatives de rapprochements voire attouchements. Le harcèlement sexuel concerne 14% des étudiants. Les femmes et les personnes issues de la communauté LGBT sont deux fois plus à risque de subir une agression sexuelle.

"On retrouvait des insultes, des agressions physiques, viol", confie un jeune étudiant. "En soirée, on est en groupe de filles. Avec le temps, on papote et la confiance s’installe. Puis il y a une fille qui va se confier, qui va admettre qu’elle est victime d’agressions, viol, etc. Souvent à la chaîne, chaque fille dans le groupe va dire moi aussi je suis victime de ça, moi aussi il m’est arrivé ça", témoigne une étudiante.  

Facteur aggravant: la participation active aux animations étudiantes où l’alcool est généralement de la partie. Au sein des cercles, des régionales ou des kots-à-projet, 5,6% des hommes et 20,1% des femmes sondés disent avoir été victimes de viol. C’est une femme sur cinq.  

Il y a le bois du viol comme il est appelé ici

"Les plus anciens qui sont là m’ont dit qu’il y a des endroits à éviter, surtout quand on rentre tard des cercles", explique une jeune femme. "Les endroits les moins fréquentables, c’est le lac, le quartier du Blocry et aussi le bois du viol comme il est appelé ici. C’est celui qui longe le lac", confie un jeune homme.  

Une appellation qui fait froid dans le dos. Mais qui en dit long sur l’ampleur du problème. "La parole se libère vraiment et il faut que cela continue, mais je pense que l’autre enjeu c’est vraiment comment on va travailler ensemble, notamment avec les étudiants et les étudiantes pour que cela change rapidement", assure Benoit Galland, professeur en sciences de l’éducation à l’UCLouvain et auteur de l’étude. 

Une formation sur la notion de consentement obligatoire

Dans la plupart des cas, les agresseurs sont eux-mêmes des jeunes du campus. L’université a mis en place une formation sur la notion de consentement, obligatoire au sein des collectifs étudiants. "Chaque année, on revoie nos dispositifs, à la fois en termes de communication envers les étudiants et les étudiantes. Là, on se rend compte qu’il y a peut-être des choses à améliorer, peut-être avoir une plus grande fréquence de communication", envisage Philippe Hiligsmann, vice-recteur aux affaires étudiantes à l’UCLouvain. 

La cellule de soutien Together accompagne toute personne au sein de l’Université, victime ou témoin de ces violences. Elle sera très prochainement renforcée. 

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Commentaires

2 commentaires

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  • Et dire que certains de ces individus vont peut-être diriger le pays, ou y avoir un certain pouvoir !! pauvre monde.

    Jacki Collard
     Répondre
  • "Une formation sur la notion de consentement obligatoire", comme si les mecs qui violent ne sont pas au courant, mais c'est tellement plus facile de se donner bonne conscience en faisant des formation, team building, concertations, confrontations et autres pantomimes inutiles plutôt que de sanctionner les coupables.

    Mick Mick
     Répondre