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« On ne va rien te faire, t’inquiète pas ! » : certains chauffeurs TEC empêchés de travailler par les grévistes

par RTL info avec Mathieu Langer, Bérangère Devos et Kévin Joris.
C’était le deuxième des cinq jours de grève annoncés sur les réseaux du TEC et de la SNCB. Comme hier, les trafics des bus et des trains ont été perturbés en Wallonie. Une grève relativement bien suivie, mais pas par tous. Certains membres du personnel du TEC dénoncent aujourd’hui le fait d’avoir été empêchés de travailler.

Employé au TEC Liège Verviers, Jean-Marie nous a donné rendez-vous. Pour lui, plus de la moitié de ses 1800 collègues aimerait reprendre le travail. Mais beaucoup sont encore victimes de menaces ou d’intimidations. Jean-Marie rapporte pour exemple ce genre de propos : « ‘Tu ne passeras pas. De toute façon, tu ne pourras pas sortir, les bus sont de travers. Tu ne lâches pas, tu t’en fous, t’es un vendu et tu es à la botte de la direction’». « toutes sortes de choses qui font que la fois d’après, évidemment, on ne vient plus, raconte-t-il. Donc à l’assemblée, au lieu d’y avoir 2000 personnes, il y a 60, 70 ou 100 personnes ».

On ne va rien te faire, t’inquiète pas !

Sur des images tournées hier, une délégation syndicale bloque volontairement un véhicule. « On ne va rien te faire, t’inquiète pas ! », lance un gréviste au chauffeur. Pour ces employés non grévistes empêchés de travailler, les recours sont plutôt limités.

« Bloquer quelqu’un physiquement, ça peut être pénalement répréhensible puisqu’il y a une atteinte à son intégrité physique, explique Laura Merodio, avocate spécialisée en droit du travail. Tandis que bloquer le bus, s’il n’y a pas de détérioration du bus et que c’est simplement bloquer le passage, c’est autorisé. Ça reste dans les limites de ce qui est permis dans le cadre du droit de grève ».

Des chauffeurs sont contraints de faire demi-tour

La pression s’intensifie même au dépôt de sociétés privées. Des chauffeurs sont contraints de faire demi-tour sur leurs tournées et mis en arrêt de travail. « Nous déplorons la situation impactant notre activité. Nous suivons son évolution minute par minute afin d’éviter des incidents sur les lignes de notre réseau », communique Keolis, site des autobus liégeois. « Le problème, c’est que dans ces cas-là, on invoque souvent un cas de force majeure puisque l’employeur n’a pas été mis en mesure de fournir le travail à cause d’un blocage quelconque », précise Laura Merodio. Si les affiliés syndicaux continuent de toucher 40 € par jour de grève, bien moins qu’une journée de travail normale, le paiement des chauffeurs privés sera traité au cas par cas.

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