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Lancé avec l’ambition de centraliser et de numériser les données de la police fédérale et locale, le projet I-Police a été officiellement enterré fin 2025. Son coût total : 75,8 millions d’euros. Une somme versée en grande partie à la société française Sopra Steria, prestataire externe chargé du développement informatique. Un chiffre loin des 299 millions d’euros de budget initialement alloués, mais qui suffit à susciter aujourd’hui des soupçons de mauvaise gestion, de gaspillage, voire de pratiques illégales.
À un moment, il a fallu arrêter tout
Selon Louis Colart, chef du pôle « enquête » au journal Le Soir, « c’est un fiasco financier, un fiasco d’un projet de numérisation, en l’occurrence de la police fédérale et locale. Ce dont on n’est pas sûr, c’est s’il y a eu des délits potentiels derrière tout ça. »
L’enquête judiciaire débute
Le parquet de Bruxelles a ouvert une information judiciaire pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts. L’enquête a été confiée à la police judiciaire fédérale ainsi qu’à l’Office central pour la répression de la corruption. Les autorités cherchent désormais à établir s’il y a eu, au-delà des erreurs de gestion, des infractions pénales dans la conduite du projet.
L’affaire prend également une tournure politique. Deux anciens ministres de l’Intérieur, Annelies Verlinden et Jan Jambon, seront auditionnés à la Chambre. Quinze personnes au total devront s’expliquer devant les parlementaires, parmi lesquelles le commissaire général de la police ainsi que des représentants de Sopra Steria.
Le ministre actuel de l’Intérieur, Bernard Quintin, défend une décision prise à temps : « À un moment, il a fallu arrêter tout. Justement pour mettre fin à l’hémorragie et faire en sorte que cette énergie et cet argent soient mis au service de programmes qui fonctionnent. »

















