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Comme chaque année, la SNCB indexe ses tarifs. Cette fois, l’augmentation dépasse les 2 % et concerne à la fois les tickets individuels et les abonnements. Ce mécanisme d’indexation est inscrit dans le contrat de service public conclu avec l’État belge. Mais cette hausse, bien que limitée, ravive les critiques de nombreux voyageurs, qui estiment déjà que le train est trop cher.
Un coût réel bien supérieur au prix du billet
En réalité, ce que paie un voyageur ne couvre qu’environ un tiers du coût réel de son trajet. Le reste est pris en charge par l’État fédéral. Georges Fuchs, du bureau d’études en mobilité, le confirme : « C’est l’État fédéral qui compense la différence entre les recettes et les coûts et qui apporte à peu près la moitié de ce qui permet de financer la SNCB. »
Duncan Smith, vice-président de l’ASBL navetteurs.be, explique pourquoi les coûts sont si élevés : « Un train qui roule, c’est un conducteur, un accompagnateur, du matériel roulant qu’il faut acheter et entretenir. Il y a aussi un point moins connu : la SNCB doit payer pour utiliser les rails depuis que la SNCB et Infrabel sont deux sociétés distinctes. »
Des investissements lourds et nécessaires
Le deuxième poste de dépenses le plus important pour la SNCB, après l’exploitation, reste l’investissement. Il faut moderniser la flotte, remplacer les trains anciens, adapter les gares pour les rendre accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR), et garantir un haut niveau de sécurité. « Il est très peu probable qu’une catastrophe ferroviaire comme celle survenue en Espagne se passe aujourd’hui en Belgique parce qu’on a investi massivement pour la sécurité du rail », assure Duncan Smith.
Georges Fuchs rappelle aussi que « les trains doivent être renouvelés au bout d’une trentaine d’années », un processus coûteux mais indispensable pour maintenir un service fiable.
Le train reste compétitif
Malgré la perception d’un prix élevé, le train reste une option de transport relativement économique. Selon le bureau d’études Stratec, un voyage en train coûte en moyenne quatre fois moins cher qu’un déplacement en voiture, une fois les frais annexes de cette dernière pris en compte (carburant, assurance, entretien, taxes…).
Les tarifs pratiqués en Belgique sont par ailleurs comparables à ceux observés chez nos voisins européens, et restent bien inférieurs à ceux appliqués au Royaume-Uni, souvent pointé comme l’un des pays les plus chers d’Europe pour le transport ferroviaire.
















