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« On le voit souvent » : ce médicament, pourtant commun, peut être (très) addictif

Par RTL info avec Océane Vermeiren, Marwa Sebbahi, Charline Peeters et Guillaume Bruwier
Coup de froid, nez bouché ? Il vous arrive peut-être d’utiliser des sprays nasaux pour décongestionner. Le hic : ces produits peuvent être addictifs. Ça s’appelle la rhinite médicamenteuse. Quelle est la cause de cette addiction et comment s’en libérer ?

Les rhumes sont monnaie courante en hiver. Et avec eux, les sprays nasaux deviennent un réflexe courant pour dégager les voies respiratoires. Mais si leur usage paraît anodin, peu d’utilisateurs connaissent les risques d’addiction qu’ils impliquent. « Je ne savais pas du tout », confie une passante interrogée par nos soins. « On m’a toujours dit qu’il fallait en utiliser quotidiennement en hiver pour éviter les rhumes », ajoute une autre. « Je savais qu’on pouvait être addict, je connais des gens qui le sont », explique une troisième.

Ce risque est bien réel, comme le confirme Valérie Lacour, pharmacienne : « Vous avez toute une série de sprays avec lesquels existe ce risque de congestion réactionnelle. Uniquement ceux qui contiennent un vasoconstricteur (…) Nous le voyons souvent avec des patients qui viennent rechercher un spray. En posant des questions, on voit si le problème d’addiction est déjà installé. »

Pourquoi ces sprays peuvent-ils rendre accro ?

Les sprays décongestionnants contiennent souvent un vasoconstricteur, une substance qui rétrécit les vaisseaux sanguins du nez pour libérer instantanément les voies respiratoires. Le soulagement est immédiat, mais à court terme.

On recherche la cause de l’utilisation de ces sprays et on la traite
Dimitri Ivlev, Médecin généraliste

Utilisés plus de cinq jours d’affilée, et à raison de plusieurs fois par an, ces produits peuvent provoquer une congestion de rebond : une réaction de la muqueuse nasale qui s’enflamme à nouveau… poussant à une nouvelle utilisation du spray. Résultat : un cercle vicieux se met en place. Le nez se bouche plus rapidement, et l’envie de reprendre le spray devient quasi-systématique. C’est ce qu’on appelle la rhinite médicamenteuse.

Comment sortir de cette dépendance ?

Le médecin généraliste Dimitri Ivlev préconise une prise en charge adaptée : « On recherche la cause de l’utilisation de ces sprays et on la traite. Ensuite, on passe à un traitement plutôt anti-inflammatoire local, pour désenflammer la muqueuse et faire un retour en arrière sur cette addiction. »

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’arrêter le spray brutalement, mais de remplacer le traitement par des produits moins agressifs et plus durables.

Des alternatives sans accoutumance

Pour éviter tout risque de dépendance, les professionnels de santé recommandent :

  • Les solutions salines (eau de mer ou sérum physiologique) pour nettoyer le nez naturellement.
  • Les sprays à base de cortisone, sur avis médical, pour traiter l’inflammation de la muqueuse.
  • Des comprimés antihistaminiques ou anti-inflammatoires, selon la cause du nez bouché.

Mais comme toujours, même les alternatives ont leurs propres effets secondaires. Un passage par le médecin ou le pharmacien reste recommandé.

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