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Ce matin sur la Batte à Liège, Simon Englebert distribue des nœuds rouges, symboles de lutte contre le Sida. « C’est à porter en signe de solidarité », explique le directeur du centre de santé sexuelle liégeois, le Centre S. « Il est important de rappeler qu’il y a toujours des discriminations pour les personnes porteuses du VIH et porter le nœud rouge, c’est montrer son soutien. »
En 2024, 332 nouveaux diagnostics ont été posés chez des personnes hétérosexuelles en Belgique. Une augmentation des cas enregistrée chez les hommes, un tiers de plus qu’en 2023, avec un taux de diagnostic le plus élevé observé dans la région bruxelloise.
L’usage du préservatif en recul
La raison ? Pour Simon Englebert, « il peut y avoir effectivement le préservatif un peu moins utilisé, des méconnaissances. La méconnaissance par rapport aux modes de transmission, du coup on se sent moins à risque, on va peut-être moins vers le dépistage », alors qu’« un dépistage précoce permet un traitement rapide, être indétectable et donc intransmissible et freiner l’épidémie. »
Sciensano confirme que « le potentiel de la prévention combinée est affaibli par le recul de l’utilisation du préservatif », un outil pourtant « efficace dans la lutte le VIH depuis le début de l’épidémie ». Justement, « on a l’impression d’être revenus au début de l’épidémie, quand l’ignorance, les jugements moraux qui accompagnaient le VIH étaient choses courantes », alerte l’ASBL Ex Aequo. Un constat partagé par la Plateforme Prévention Sida, qui regrette que « malgré les avancées scientifiques, trop de préjugés circulent encore sur le VIH, sa transmission et la vie avec le virus ».
Une enquête de Sensoa relevait en effet en 2024 que 38 % des 20-29 ans n’avaient pas utilisé de préservatif lors de leurs rapports sexuels au cours des six derniers mois. Il reste cependant le moyen contraceptif le plus accessible et efficace, non seulement contre le VIH mais aussi toutes les autres infections sexuellement transmissibles, qui voient, elles, leur incidence augmenter en Belgique.
Un problème pas qu’en Belgique
L‘enjeu est mondial. Selon un dernier rapport de l’ONU, l’effondrement de la prévention du sida aux États-Unis et dans des dizaines de pays africains pourrait causer 3,3 millions d’infections supplémentaires d’ici 2030. « Des cliniques ont fermé leurs portes sans préavis, des milliers d’agents de santé ont perdu leur emploi ou leur salaire et les services essentiels de dépistage, de traitement et de prévention ont subi des perturbations généralisées et persistantes », dénonce Winnie Byanyima, la directrice exécutive d’ONUSIDA.
Le dépistage et l’accessibilité au préservatif restent indispensables, rappel important à la veille de la journée mondiale de lutte contre le sida.


















