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Après une décennie de recul, les contaminations par le VIH sont reparties à la hausse depuis trois ans. À quoi est-ce dû ? Thierry Martin, directeur de la plateforme Prévention Sida, évoque plusieurs facteurs pour expliquer cette tendance. « Premièrement, on a constaté une baisse de l’utilisation du préservatif, notamment chez les jeunes, donc qui dit moins de prévention, dit augmentation des cas d’infection », explique-t-il.
Il pointe également un recul des connaissances sur le VIH : « On remarque aussi un moindre intérêt de la population envers le VIH. Il y a moins de connaissances sur les modes de transmission, sur les modes de prévention… Si on ne sait pas très bien comment le VIH se transmet, on n’adapte pas correctement ses comportements préventifs ».
Un virus perçu comme moins inquiétant
Depuis plusieurs dizaines d’années, la gravité du sida a fortement diminué grâce aux traitements, mais cette évolution pourrait contribuer à une forme de banalisation. « Aujourd’hui le sida fait moins peur, mais sans traitement, le sida reste une maladie mortelle », rappelle Thierry Martin. Il insiste sur l’importance de dépister les personnes qui ignorent leur séropositivité : « Ce sont elles qui contaminent d’autres personnes sans le savoir ».
Grâce aux thérapies actuelles, une personne séropositive peut obtenir une charge virale indétectable, ce qui signifie qu’elle « ne transmet plus le VIH ». Mais malgré les progrès médicaux, « la stigmatisation des malades reste encore très importante ».
Un quiz pour combattre les idées reçues
Cette année, la campagne de sensibilisation propose un quiz destiné à corriger des croyances encore très répandues. Parmi les questions : « Est-ce que je peux utiliser sans risque les mêmes couverts qu’une personne qui a le VIH ? » « Évidemment que oui », répond Thierry Martin. Pourtant, une enquête montre que « près de 40 % des gens pensent qu’on peut encore attraper le VIH en buvant dans le verre ou en utilisant les couverts d’une personne séropositive ». Le spécialiste rappelle que les modes de transmission restent clairement identifiés : contacts avec le sang, relations sexuelles et transmission mère-enfant.
VIH et sida : deux réalités différentes
Le quiz rappelle également la distinction entre VIH et sida. « Le VIH, c’est le virus de l’immunodéficience humaine. C’est un virus que l’on peut attraper », précise-t-il. Une fois dans l’organisme, il affaiblit progressivement le système immunitaire. Sans traitement, des maladies opportunistes peuvent apparaître, marquant le passage au stade sida. Thierry Martin précise tout de même qu’aujourd’hui, « grâce au traitement, on arrive à bloquer la multiplication du virus et rester au stade de la personne séropositive ».
Une prévention essentielle
Certaines idées reçues persistent aussi sur les profils à risque. À la question « Je suis hétérosexuel. Mon copain est mon premier partenaire. Impossible pour moi d’être infecté par le VIH ? », la réponse est claire : il suffit d’une seule exposition pour être contaminé. « Quel que soit son âge, son sexe, son orientation sexuelle, son origine… on a tous, à un moment donné, un risque de rencontrer le VIH sur notre chemin lorsqu’on n’adapte pas nos comportements préventifs », souligne Thierry Martin.
Préservatif, dépistage régulier et recours aux méthodes de prévention, comme les traitements préventifs, restent indispensables pour contenir la progression du virus.


















