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Près d’un jeune Européen sur trois, âgé de 20 à 37 ans, ne veut pas d’enfant. Ces chiffres sont issus du baromètre FutURe 2025, réalisé par Merck, l’entreprise leader mondial de la fertilité.
« Clairement, je pense que le schéma classique a changé », « Les objectifs sont différents des autres époques », « L’avenir est incertain donc je comprends qu’on n’ait pas envie de faire vivre ça à quelqu’un d’autre », « La situation est très difficile pour les jeunes générations », « Économiquement et écologiquement ça va être compliqué », nous ont notamment confiés des jeunes interrogés à l’Université Libre de Bruxelles.
Un changement sociétal
D’après le psychologue spécialiste du couple, de la famille et de la sexualité, Patrice De Neuter, plusieurs facteurs entrent en jeu pour expliquer cette diminution de l’envie d’être parents. Cette tendance est d’abord le résultat de changements culturels et sociaux : les mentalités et la société évoluent, et les objectifs de vie et de réussite sociale aussi.
« Dans le passé, les parents étaient incités à procréer, alors qu’aujourd’hui, la pression sociale est moins forte et la carrière a pris davantage d’importance dans la vie des femmes. Avant, elles étaient uniquement destinées à la maternité », explique le psychologue. « Et ces changements sociaux influencent le désir de l’individu », affirme-t-il.
Perte de liberté
« La naissance d’un enfant apporte des contraintes. On n’a plus la liberté du jeune couple », explique aussi Patrice De Neuter. Le psychologue souligne également que « croire qu’un enfant va venir souder le couple est une erreur. L’expérience montre que c’est davantage l’occasion de conflits ».
Outre cette évolution, on peut également citer la peur se laisser son enfant dans un monde « en déclin », où les catastrophes climatiques sont fréquentes et le contexte géopolitique instable.
Dès lors, « faire des enfants ne serait plus la priorité du couple », constate Patrice De Neuter. Certains préfèrent attendre la stabilité d’une carrière, la construction d’une maison, etc. Le risque étant de se rendre compte qu’il est trop tard.
Des chances qui s’amenuisent
La tendance se confirme chez les gynécologues, comme le docteur Houba, directrice de la clinique de fertilité à Erasme, qui voit arriver les futurs parents arriver de plus en plus tard. Conséquence de l’indécision grandissante : certains ne peuvent pas avoir d’enfant, car l’âge affecte la fertilité.
« Ils décident d’avoir leurs enfants après 30, voire 35 ans, à un âge où la fertilité a baissé et à un âge où ce n’est plus forcément possible d’être encore en capacité de concevoir un enfant spontanément », explique Catherine Houba. Plus les années passent, plus les chances d’avoir un enfant s’amenuisent donc. « À 20 ans, on a une chance sur deux d’avoir un ovule qui aboutira à une grossesse. Quand on a 40 ans, ce n’est plus qu’une fois sur dix », informe la gynécologue.
Fonder une famille
Et ce même si les deux parents sont fertiles : « Il y a de plus en plus de patients qui n’ont pas de problèmes de fertilité, si ce n’est l’âge de la patiente », constate la gynécologue. En outre, il n’existe toujours pas de marqueur ni d’examen qui permette de détecter ce type d’infertilité lié à l’âge.
Catherine Houba invite alors les jeunes à se questionner au moment où ils veulent fonder une famille, et à se poser la question de la « planification familiale inversée » : il s’agit d’anticiper le nombre d’enfants souhaités, et à partir de celui-ci calculer le moment où il faut s’y mettre. Mais selon la gynécologue, la meilleure solution pour éviter ces complications reste la congélation des ovocytes à partir de la trentaine.
















