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Sébastien revient au Bataclan, seul cette fois. Il y a dix ans, ce sont ses amis, Chris et Charlotte, qui l’avaient invité au concert. Jusqu’à ce que des bruits de tirs interrompent les riffs de guitare. Au bruit, je commence à comprendre en fait que ce ne sont pas des pétards », se souvient Sébastien Lascoux. « C’est quelqu’un qui est en train de tirer. Il y en a un qui a tiré et Chris a eu le réflexe de pousser Charlotte qui a pris un éclat de balle. Lui a pris le reste. Il est mort sur le coup. Il est tombé mort sur elle. Par ce geste, il l’a sauvée. »

À cet instant, l’instinct de survie de Sébastien prend le dessus. « Je vois les terroristes qui sont en haut », raconte le survivant. « J’en vois deux et je ne sais pas où est le troisième. Je me dis que c’est maintenant qu’il faut que j’essaie de m’échapper. »
Sébastien en sort vivant, physiquement du moins. « J’avais l’impression d’être en dehors de moi », dit-il. « J’étais là sans être là. Une partie de moi est morte ce jour-là, qui est restée dans la salle. »

La date anniversaire réveille ses fragilités, ses fêlures, les souvenirs de ses amis disparus. « C’est important de relire tous les prénoms et les noms de ces personnes-là », dit-il. « Pour ne pas les oublier et en les nommant, on les fait vivre. »

Depuis 2015, des noms se sont ajoutés à cette liste de victimes. Fred Dewilde s’est suicidé le 5 mai 2024. Il est devenu la 132ème victime des attentats du 13 novembre.



















