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Dix ans après les attentats de Paris, un tel drame pourrait-il se reproduire ?

par Christophe Giltay
À Paris, dix ans après les attentats du 13 novembre qui ont causé la mort de 132 personnes et fait près de 400 blessés, les plaies demeurent à vif. Ce jeudi matin, les journaux laissent une large place aux témoignages des victimes, de leurs familles, des policiers, des sauveteurs… Ils ont réappris à vivre. La menace terroriste a évolué mais un tel drame pourrait-il se reproduire aujourd’hui ?

132 morts, c’est le bilan officiel, avec parmi eux trois survivants qui se sont suicidés plus tard. Le dernier en date, Fred Dewilde, un auteur de roman graphique, a mis fin à ses jours à l’âge de 58 ans le 5 mai 2024. Il avait pourtant survécu au Bataclan où il était resté pendant plus de deux heures à « faire le mort », maculé du sang d’une autre victime qui gisait près de lui. Mais survivre n’est pas forcément revivre. Même quand on est un auteur et qu’on a essayé de sublimer le drame par son œuvre.

Ce matin je pense à lui et je pense à tous les autres. Ce qui m’avait marqué à l’époque, c’était une sorte de choc des civilisations. Ces jeunes de 20 à 40 ans, ayant souvent des boulots sympas, dessinateurs, profs, infirmières, journaliste, barman, commercial, juriste, publicitaires… pas forcément riches mais bien intégrés dans la société. Une jeunesse qui sort le vendredi soir pour aller voir un concert de rock ou s’installer sur les terrasses dans le quartier de la République. Et de l’autre côté de la Kalachnikov, d’autres jeunes, venus de quartiers populaires, issu de l’immigration, recrutés par l’État islamique via internet. Certains sont allés en Irak ou en Syrie s’entraîner dans des camps où on leur a appris à « frapper indifféremment les citoyens partout où ils vivent ensemble, pour tenter de briser les sociétés européennes, notamment en France et en Belgique ». Et pourtant ces deux jeunesses vivaient côte à côte, mais dans des mondes différents.

La menace djihadiste toujours présente

« Nous aimons la mort comme vous aimez la vie », répètent souvent les jihadistes. Et tout est là : en dix ans la situation géopolitique a bien changé. Daesh, le prétendu État islamique, a été vaincu sur le terrain et n’a plus les moyens d’envoyer des commandos en Europe . Mais la vigilance reste de mise car aujourd’hui, notamment à travers TikTok ou l’univers des jeux vidéo, des apprentis terroristes se mobilisent tout seuls et commettent des crimes avec des armes du quotidien : couteau de cuisine, bonbonne de gaz, voiture…

En France les deux dernières tentatives d’attentats coordonnés venaient de groupe de jeunes femmes, parfois mineures. Parmi elles, une ex-compagne de Salah Abdeslam, le seul survivant terroriste du 13 novembre. C’est une lutte de tous les instants entre la démocratie et la barbarie. Mais nous avons des armes qui s’appellent la justice, l’éducation, l’information, et puis la démocratie tout court. Avec ses valeurs et son art de vivre.

Tiens il fera 18 degrés cet après-midi à Paris… j’irais bien sur une terrasse.

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