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La probabilité que le déplacement d’une « armada » américaine vers le golfe Persique conduise à un scénario similaire à celui du Venezuela semble très faible. Et même s’il y avait une intervention militaire, celle-ci serait probablement très limitée, a déclaré vendredi Sven Biscop, de l’Institut Egmont. « Mais il reste difficile de dire exactement ce qu’ils ont l’intention de faire »
Le président américain Donald Trump a annoncé jeudi qu’une flotte de guerre US faisait route vers le golfe Persique. Outre le porte-avions USS Abraham Lincoln, des destroyers seraient également en route vers le Moyen-Orient depuis l’océan Pacifique, selon des médias.
Il est clair qu’en déplaçant sa flotte, Trump souhaite avant tout accroître la pression sur le régime de Téhéran.
Mais il est difficile de dire quels sont exactement ses plans. À la suite des manifestations de grande ampleur en Iran ces dernières semaines, les États-Unis ont déjà fait plusieurs fois allusion à une intervention militaire dans ce pays mais on ne sait pas dans quelle mesure Washington mettra ses paroles à exécution. « Trump avait par exemple déclaré qu’il n’accepterait aucune victime. Mais entretemps, des milliers de personnes ont trouvé la mort », rappelle Sven Biscop.
« Éliminer le chef ne suffira pas en Iran »
« Une éventuelle intervention restera dans tous les cas relativement limitée », ajoute-t-il. Sven Biscop ne s’attend pas à un scénario similaire à celui du Venezuela, où le président Nicolas Maduro a été enlevé puis emprisonné. « Éliminer le chef ne suffira pas en Iran, où un régime complètement différent est au pouvoir. En Iran, il faudrait, en réalité, renverser tout le régime ».
L’Iran a perdu de son influence sur la scène internationale depuis la guerre de douze jours qui l’a opposé à Israël en juin dernier et au cours de laquelle les États-Unis ont également attaqué deux sites nucléaires iraniens. En outre, le régime de Téhéran a aussi dû faire face à des manifestations de grande ampleur, qui ont coûté la vie à des milliers de personnes.
Les manifestations en Iran semblent entretemps s’être calmées mais cela ne signifie pas nécessairement que « l’élan » en faveur d’un changement de régime soit passé, estime M. Biscop. « Il est difficile d’évaluer dans quelle mesure le régime est ébranlé. Tout régime autoritaire semble toujours solide jusqu’à ce qu’il s’effondre ».

















