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Le chancelier allemand Friedrich Merz s’est montré optimiste jeudi quant à la possibilité de voir les dirigeants européens approuver l’idée d’un prêt de réparation pour l’Ukraine, garanti par les actifs russes immobilisés à Bruxelles. Il a toutefois dit « partager les préoccupations » de Bart De Wever, évoquées ce jeudi matin.
Le chancelier et le Premier ministre belge se sont entretenus sur le sujet à plusieurs reprises ces derniers jours et semaines, a affirmé M. Merz. « Je partage ses préoccupations. Mais il est intéressé à trouver une solution commune, donc je pars du principe que nous pourrons faire un pas en avant aujourd’hui », a-t-il déclaré.
L’idée d’une utilisation des actifs russes pour garantir un prêt de 140 milliards à l’Ukraine a été émise par la Commission européenne en septembre, dans le but d’aider le pays à se défendre face à la Russie. Les chefs d’Etat et de gouvernement européens, réunis à Bruxelles jeudi, sont appelés à donner leur accord de principe pour que l’exécutif européen dépose une proposition officielle.
Friedrich Merz défend l’idée du prêt de réparation et appelle à utiliser l’argent pour fournir des armes (européennes) à Kiev. Mais la Belgique est très réservée, car particulièrement exposée aux risques. Les 140 milliards sur lesquels lorgne la Commission sont logés chez le dépositaire de titres Euroclear, basé à Bruxelles.
Lors d’un sommet informel à Copenhague le 1er octobre, Bart De Wever avait exposé ses griefs à la presse internationale. Il a répété jeudi que la Belgique posait trois conditions : un partage des risques avec les autres États membres, des garanties si un remboursement devait s’avérer nécessaire, mais aussi que les autres États membres ayant immobilisé des actifs souverains russes sur leur territoire soient impliqués dans le mécanisme.
« Aujourd’hui, nous allons prendre la décision politique d’assurer les besoins financiers de l’Ukraine pour 2026 et 2027, dont l’achat d’équipement militaire », a déclaré le président du Conseil européen, Antonio Costa, qui s’exprimait aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Nous continuons à travailler sur les aspects techniques de la solution avec la Commission, mais le plus important est la décision politique et le message clair que nous envoyons à la Russie : nous ne sommes pas fatigués et continuerons à soutenir l’Ukraine. »



















