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« C’est de l’argent facile » : John, pépiniériste, s’est fait voler huit sapins à l’approche de Noël

par RTL info avec Arnaud Toussaint
Les vols de sapins de Noël se multiplient en cette période de l’année. En ce moment, des voleurs agissent à Floriffoux, du côté de Namur. Ils s’introduisent sur les parcelles des producteurs pendant la nuit et découpent des arbres. Qu’ils revendent ensuite deux fois moins chers. Les producteurs sont désormais habitués. Mais cela représente quand même un manque à gagner.

Pour John, pépiniériste à Floriffoux, se faire voler ses sapins est presque devenu une habitude. Cette semaine, huit Nordmann de 2,5 mètres ont disparu. L’année passée, c’était 26 arbres dérobés. Des vols qui représentent plus de 2.000 euros de perte.

« L’aspect financier c’est une chose, mais gâcher le travail des autres… C’est probablement des gens qui ne travaillent pas beaucoup dans leur vie. Couper en pente, à la va-vite, on laisse deux couronnes », montre le producteur de sapins.

De telles quantités, ce n’est pas pour eux, c’est pour revendre

Le mode opératoire est toujours le même. Cela se passe à plusieurs, de nuit et avec une petite scie. Discrètement, les arbres sont rapidement et mal coupés. Pour John, c’est 19 ans de travail envolés puisque les sapins prennent du temps pour pousser. « Il y a probablement deux personnes ici qui étaient en train de couper et une qui était dans un véhicule, à mon avis, un peu plus loin. Un coup de téléphone, et puis ils viennent ici pour charger. De telles quantités, ce n’est pas pour eux, c’est pour revendre. Probablement, ça, c’est de l’argent facile, même s’ils le vendent à 20 euros, c’est 20 euros gagnés », souligne John.

Ce commerce parallèle est connu. Des sapins volés sont ensuite revendus à des prix cassés. Un sapin coûte entre 50 et 60 euros. Les voleurs les revendent entre 20 et 30 euros pour s’en débarrasser le plus vite possible.

Louis Brasseur est un des plus grands producteurs de sapins d’Europe. Il a plus de 500 hectares. Même s’il essaye de les réduire, les vols, il en a tous les ans. « Le fait que les terrains soient clôturés, que nous ayons aussi un service de surveillance à travers nos équipes qui parcourent la région sans discontinuité, nous aide à contrôler ce risque. »

On vient d’avoir l’apéritif, on va avoir le plat consistant

Selon la police, les vols de sapins sont impossibles à comptabiliser. Il est difficile à prouver si les auteurs ne sont pas pris sur le fait. Les producteurs portent rarement plainte. La crainte de John est de voir les vols augmenter en décembre. « On vient d’avoir l’apéritif, on va avoir le plat consistant la semaine prochaine. Ça, j’en suis persuadé. Mon papa a proposé qu’on fasse des rondes. Je pense qu’ici, c’est du repérage. C’est qu’ils ont déjà fait leur choix », pense John.

Prévenue, la police promet aussi d’intensifier ses rondes les semaines prochaines, le long des sapinières.

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