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Le geste est précis, presque méditatif. Dans le calme de son atelier, Aude Simonart tisse le rotin brin par brin. Un travail minutieux, qui demande du temps et de la concentration. Il y a 11 ans, elle découvre le cannage et tombe sous le charme de cet artisanat délicat. Son projet du moment : le dossier d’une chaise, qui nécessitera près de dix heures de travail.
« Je pose un cannage décoratif. C’est tout à fait particulier parce qu’on ne voit pas souvent ça sur des fauteuils. Ce sont des techniques qui ne sont pas très développées en Belgique », explique-t-elle.
Un travail de patience et de précision
Avant d’être tissé, le rotin est soigneusement mouillé afin de l’assouplir. Chaque brin est ensuite travaillé à la main, selon des techniques bien précises. Aude apprécie particulièrement le rythme lent imposé par ce métier. « J’aime cette lenteur. Le fait de se concentrer, de créer quelque chose avec ses mains, de restaurer quelque chose, c’est vraiment quelque chose qui me passionne », confie-t-elle.
Par son tissage, le rotin devient très résistant
Dans son atelier, elle propose différents types de cannage, du plus traditionnel au plus complexe. Certains motifs demandent une réflexion approfondie avant même de commencer à tresser. Aude montre un exemple : « C’est un motif qu’on appelle un motif marguerite parce qu’il crée des fleurs. C’est une variation sur le cannage étoile. Là, il faut vraiment bien réfléchir. Il faut réfléchir dans quel sens on tisse les brins. »

Un savoir-faire qui s’est largement perdu au fil du temps. En 1920, la Wallonie comptait environ 1.000 canneurs de chaises. Aujourd’hui, ils ne sont plus que deux. En cause, notamment, l’évolution de nos modes de consommation et le temps nécessaire à ce travail artisanal.
Restaurer plutôt que jeter
Aude observe toutefois un changement de mentalité. « On est une génération qui a tendance à changer de décoration et qui jette ce qui est au grenier, qui n’est plus utilisé. En revanche, je vois que les jeunes générations ont vraiment cette envie de retaper, de réutiliser, de faire restaurer des meubles. » Un intérêt renouvelé qui s’explique aussi par la solidité du rotin. « Par son tissage, il devient très résistant. On peut le garder vraiment très longtemps. Je décane parfois des meubles qui ont vraiment bien vécu, qui sont très anciens, et le cannage est encore en relativement bon état. »















