Partager:
Un virement bancaire effectué par erreur sur le compte de son frère décédé : Abdelaziz pensait pouvoir régler le problème en quelques jours. Il n’en a rien été. « J’ai harcelé ma banque et au final, toujours rien . C’est extraordinaire ! », s’indigne-t-il via le bouton orange Alertez-nous.
Le 14 août 2025, Abdelaziz transfère 200 euros vers le compte BNP Paribas Fortis de son frère décédé en décembre 2021. Dès qu’il constate son erreur, il avertit Belfius, sa propre banque. Celle-ci lui répond : « L’argent reviendra automatiquement ».
Mais malgré plusieurs relances, aucun remboursement n’arrive. Début octobre, Abdelaziz contacte directement BNP Paribas Fortis, joignant l’acte de décès de son frère. « Veuillez demander le remboursement auprès de votre banque » , lui répond-on. Et Abdelaziz de répliquer : « C’est déjà fait, et ils n’ont eu aucun retour. »
Dans l’impasse, Abdelaziz dépose une plainte chez Belfius, puis saisit Ombudsfin, l’ombudsman du secteur bancaire. Entre-temps, Belfius lui indique que chaque relance auprès de BNP Paribas Fortis lui sera facturée 20 euros. Ce qui l’exaspère encore davantage.
Belfius détaille les procédures pour récupérer un virement
Contacté par nos soins fin décembre, Belfius confirme que son dossier est « en cours d’analyse ». Pour des raisons de confidentialité, la banque ne divulgue pas plus de détails sur ce cas précis.
Elle explique toutefois en détail les mécanismes des virements instantanés : « Il existe toute une série de contrôles, aussi bien auprès de la banque du donneur d’ordre que de la banque bénéficiaire. Un de ces contrôles au niveau de la banque bénéficiaire consiste à voir si le compte est encore actif. Si ce n’est pas le cas, le virement instantané est directement refusé, il n’y a pas de sortie de fonds et le client reçoit un message d’erreur dans son canal. »
Belfius précise que, dans ce dossier, le virement a été exécuté, ce qui suggère que le compte n’était pas clôturé au moment de la transaction.
Pour récupérer des fonds dans ce type de situation, trois démarches sont possibles :
– Prendre contact avec la personne qui gère le compte bénéficiaire (cotitulaire, notaire ou héritier en cas de décès).
– Contacter directement la banque du bénéficiaire pour obtenir des explications sur l’utilisation des fonds.
– Demander à sa propre banque d’envoyer un « recall », une demande de récupération des fonds. « Ceci est sans garantie de résultat. La banque du bénéficiaire demandera au (co-)titulaire s’il veut rembourser, et celui-ci peut accepter ou refuser. »
Belfius annonce, après notre intervention, avoir convenu de demander un remboursement de la transaction à BNP Paribas Fortis et d’intervenir commercialement en faveur d’Abdelaziz pour les frais de 20 euros inhérents à cette démarche.
BNP Paribas Fortis finit par rembourser
Début janvier 2026, soit quasiment cinq mois après le virement, Abdelaziz retrouve enfin son argent. BNP Paribas Fortis lui fournit finalement des explications : « Ce compte était sous gestion par Aremas en raison d’une dette. Dans ce type de situation, les remboursements ne sont pas automatiques : bien que les fonds soient reçus par la société, ils doivent faire l’objet d’une vérification manuelle avant toute régularisation. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas été restitués immédiatement, ce qui aurait été fait pour un compte dûment clôturé au sein de la Banque. »
« Nous déplorons le délai nécessaire à la régularisation de l’incident », ajoute la banque.
Aremas, société de recouvrement agréée par le SPF Économie, gère en effet certains comptes débiteurs ou sous procédure de recouvrement, ce qui ralentit parfois les opérations de remboursement.
Abdelaziz a finalement bien retrouvé ses 200 euros, non sans amertume. « J’ai l’impression que tout s’est débloqué d’un coup après votre intervention », remarque-t-il.

















