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"Il n'y a plus de contrôle sur le fonctionnement des services de police": Patrick dénonce un "management toxique" qui nuit à l'Inspection Générale

"L'Inspection générale veille, en tant qu'organe de contrôle indépendant des services de police à optimiser le fonctionnement de la police fédérale et de la police locale dans le respect de la démocratie." C'est, en substance, comme ça que l'Inspection Générale (AIG) décrit sa mission sur son site web. Pourtant, selon Patrick (nom d'emprunt), un témoin proche de cet organe, dans les faits, on serait loin de cette description, en tout cas, "au sein de la direction Audit et Inspection".

Il n'y a plus, en effectif réel, que deux personnes au sein de la direction de l'Audit et de l'Inspection

Notre source affirme que ce service est à l'agonie à cause d'un "management toxique": "La directrice a un type de leadership très nocif qui a détruit beaucoup de gens. C'est arrivé à un tel point qu'il n'y a plus, en effectif réel, que deux personnes au sein de la direction Audit et Inspection." Il ne resterait que deux personnes pour effectuer l'ensemble des missions d'audit et d'inspection. Deux collaborateurs dans un service qui est supposé en compter plus de 20, nous apprend-il.

"Plusieurs membres du personnel ont dénoncé ça au patron de l'AIG", avance Patrick. Mais là encore, rien n'a été fait, ou enfin presque: "La seule chose qui a été décidée, c'est de demander à la directrice et son adjoint de se réunir pour rédiger une note sur l'organisation de la direction et depuis, la situation est à l'identique."

Des conséquences catastrophiques

Tout cela "détruit moralement" les membres du personnel, affirme le témoin anonyme. Mais cela va plus loin selon lui, ça empêche le bon travail de cette branche de l'AIG: "On peut dire, sans exagérer, qu'il n'y a plus aucun contrôle de l'Inspection Générale sur le fonctionnement des services de police." Pour appuyer son propos, il continue: "Ça fait deux ans que le service de l'Audit et de l'Inspection n'a plus fait aucun audit ni aucune inspection."

Pour mieux comprendre en quoi consistent ces audits et ces inspections, nous nous sommes à nouveau rendus sur le site de l'AIG. "Les risques d'un service de police sont cartographiés et des recommandations sont formulées", lors des audits. Quant aux inspections, elles "servent à vérifier si les services de police appliquent correctement les règlements, les normes et les standards".

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Patrick estime que les décideurs "laissent mourir la direction Audits et Inspections". Une grave erreur selon lui: "Il est évident qu'il est important d'enquêter sur les fautes individuelles (NDLR: une des missions d'une autre direction de l'AIG), mais ce n'est pas ce qui permettra de résoudre certains problèmes bien plus importants ou structurels ayant permis d'arriver à ce que certaines fautes individuelles soient possibles." En ne le faisant pas, "on ouvre la porte à ce qu'il y ait des dysfonctionnements majeurs au sein de la police, soit des dysfonctionnements existants qui ne seront pas réglés, soit des dysfonctionnements qui peuvent se mettre en place progressivement en l'absence de contrôles".

Cette situation le préoccupe d'autant plus "en cette période", au moment où "la police et les citoyens ne se comprennent plus vraiment". Il trouve dommageable qu'un organe de contrôle, "qui est supposé avoir une fonction d'exemple puisse en être arrivé à ça". Il conclut: "Ce qu'il se passe est inacceptable et serait certainement épinglé par l'AIG si cela se passait ailleurs."

Une enquête du Comité P

Le malaise au sein du service Audit et Inspection de l'AIG dépasse le témoignage de Patrick. Une plainte a été déposée par d'anciens membres du personnel, qui dénoncent, entre autres, une culture de travail toxique. Le comité P, l’autre organe de contrôle de la police mène l'enquête. Nous avons contacté le cabinet de la ministre de l'Intérieur, Annelies Verlinden ainsi que l'AIG qui s'abstiennent de tout commentaire pendant que la procédure est en cours.

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Les plaintes font également état d'un manque de formations pour les membres du personnel. Patrick aussi avait évoqué cette problématique: "Il n'y a aucun moyen investi pour ceux qui sont là, il n'y a pas d'argent pour les formations." Thierry Belin, secrétaire national du Syndicat National du personnel de Police et de Sécurité, ne souhaite pas se prononcer sur l'aspect management toxique, mais affirme qu'il y a un problème budgétaire "partout dans la police": "On estime que l'AIG fonctionne avec un budget qui est de 50% par rapport à ce qu'il devrait être." Selon lui, les problèmes de recrutement à l'AIG sont aussi une conséquence de ce manque de moyens.

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Commentaires

4 commentaires

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  • HUm ?

  • Si la police était efficace, ça se saurait !

    Mi Mimalo
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  • Fidèle et disciplinée ! Non pas à la botte de politicien locaux !!

  • comme je regrette notre bonne vieille gendarmerie !

    abdoule carolo
     Répondre