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À Courcelles, ce qui devait être un projet sportif et dynamique est devenu une source de conflit. En 2021, l’ancienne piscine communale est transformée en club de padel, avec quatre terrains, dont deux extérieurs, en pleine zone résidentielle. Problème : certains riverains, comme Ariane et Sandra, vivent à quelques mètres des installations. Et pour eux, le quotidien est devenu difficile à supporter.
« Le bruit est sec, irrégulier, très surprenant. Et plus les joueurs sont bons, pire c’est », explique Ariane. Pour elle comme pour sa voisine Sandra, le padel n’est pas qu’un simple bruit de fond : « C’est une torture. Le bruit est nocif pour la santé », confie-t-elle.
Face aux plaintes, la commune, propriétaire des lieux, a bien tenté d’agir. Un mur antibruit de 3,5 mètres a été installé, tout comme des bâches censées atténuer les nuisances. Mais selon Philippe Brux, ingénieur acousticien, le dispositif est loin d’être suffisant : « La configuration est critique. On est trop près des habitations. Et le bruit du padel est impulsif, donc difficile à ignorer. L’oreille est constamment réactivée. » Il estime qu’un mur plus haut, atteignant la hauteur du toit, aurait été nécessaire.
Quant aux bâches installées autour des terrains, leur efficacité est remise en question. Adrien Raposo, spécialiste en construction de terrains, est formel : « Ce type de bâche crée un effet de caisse de résonance. Ça amplifie le bruit plus qu’autre chose. »
Une réglementation arrivée trop tard
En 2023, la Région wallonne a publié des recommandations précises : terrains à 100 mètres des habitations, limitation horaire à 22h, murs antibruit d’au moins 4 mètres… Mais à Courcelles, le club a été construit avant. Aucun texte n’oblige donc le site à se mettre en conformité. Résultat : un vide juridique qui laisse les riverains dans l’inconfort.
Sandra témoigne même d’un impact sur la valeur immobilière de sa maison : « Un agent nous a dit que ça pouvait faire baisser la valeur de 20 %. Et encore, il faut trouver quelqu’un prêt à acheter dans ces conditions. »
Du côté de la commune, le ton est plus mesuré. Carl Boucher, le gérant du club, reconnaît une certaine improvisation : « C’était expérimental. On a été les premiers à installer ce type d’infrastructure. On a mis en place des choses, on essaie de trouver un équilibre. »
Même position du côté de Joël Hasselin, échevin des sports : « On a demandé les permis, on a installé un mur. Aujourd’hui, on pourrait envisager de le rehausser, mais il faut tenir compte des investissements déjà réalisés et des contraintes économiques. » Il précise également qu’aucune fermeture ou réduction horaire n’est prévue pour le moment.
Un premier contact, en attendant mieux ?
Depuis le tournage de La guerre des voisins, la médiatrice communale a pris contact avec les riverains. Ariane espère maintenant une réunion de concertation. Pour elle comme pour les autres habitants, l’objectif reste le même : retrouver un peu de calme… et pouvoir profiter de leur jardin.
Retrouvez La guerre des voisins en streaming sur RTL play et ce mercredi 12 novembre à 19h50 sur RTL tvi.


















